Les attaques de Ransomware ont connu une forte augmentation en Europe, en particulier sur les grands marchés

Le Ransomware est devenu l’une des cybermenaces qui connaissent la croissance la plus rapide en Europe. Selon une analyse récente de Black Kite, le nombre d’incidents a augmenté de 55,1 % en glissement annuel entre janvier 2025 et avril 2026, pour atteindre une moyenne de 171 attaques par mois. Cela reflète la nature stratégique de cette menace. Les attaquants se concentrent sur les cibles où le rapport risque/gain est le plus élevé : les plus grandes économies du continent. L’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Espagne représentaient à eux seuls près de 70 % de l’ensemble des cas signalés.

Les dirigeants en charge des opérations dans ces régions doivent prendre conscience que les écosystèmes d’entreprise à grande échelle créent davantage de points d’entrée. Plus de données, plus de fournisseurs et plus de connexions numériques signifient des cibles plus importantes. Le paysage des cybermenaces se concentre. L’Allemagne a à elle seule enregistré 370 incidents liés au Ransomware (17,9 % du total), suivie du Royaume-Uni avec 347 (16,8 %), de la France avec 255, de l’Italie avec 240 et de l’Espagne avec 203. Ces chiffres mettent en évidence une réalité simple : les centres économiques européens constituent les principaux terrains d’affrontement pour les cyberattaquants à la recherche de perturbations à fort impact.

Il s’agit ici d’assurer la continuité des activités. Pour les dirigeants d’entreprise, la cybersécurité est désormais un pilier de la résilience stratégique. Les entreprises capables d’adapter rapidement leurs défenses, d’améliorer la rapidité de leur réponse aux incidents et d’affiner la visibilité de leur chaîne d’approvisionnement numérique surperformeront celles qui ne font de la cybersécurité qu’une préoccupation secondaire. La tendance montre que les économies avancées sont exposées à un risque plus élevé, non pas parce qu’elles sont faibles, mais parce qu’elles constituent des nœuds critiques du réseau numérique européen.

Les réseaux de fournisseurs apparaissent comme un point de vulnérabilité majeur, servant de points d’entrée aux attaques par Ransomware

La vulnérabilité d’un seul fournisseur peut se transformer en un problème à l’échelle de tout un secteur. Black Kite a recensé 64 organisations européennes qui ont été touchées indirectement par la compromission de tiers. Parmi ces incidents, l’un d’entre eux se démarque particulièrement : la violation de données subie par l’éditeur de logiciels suédois Miljödata. Cette attaque s’est répercutée sur environ 250 de ses clients, dont quelque 200 communes et collectivités territoriales, exposant plus d’un million de dossiers personnels. Cela nous rappelle de manière frappante que lorsqu’un fournisseur est victime d’une attaque, les perturbations ne s’arrêtent pas à son pare-feu, mais s’étendent à tous les systèmes connectés.

Pour les décideurs, cela met en évidence la nécessité urgente de dépasser les frontières traditionnelles de la sécurité. De nombreuses organisations continuent de considérer la cybersécurité comme un enjeu interne. Les données indiquent le contraire. Les attaquants étendent désormais leur champ d’action aux liaisons qui relient les entreprises entre elles. Le secteur industriel a été le plus durement touché, représentant 27,9 % de l’ensemble des incidents liés au Ransomware. Les services professionnels, scientifiques et techniques ont suivi avec 17,8 %, en tête desquels figurent les prestataires de services informatiques, qui se trouvent souvent au cœur des vastes réseaux de leurs clients.

Les dirigeants d’entreprise ne doivent pas considérer les risques cybernétiques liés aux fournisseurs comme un simple défi informatique, mais comme un enjeu de gouvernance. La vérification des fournisseurs, la supervision du traitement des données et le partage des responsabilités en matière de sécurité doivent devenir des pratiques opérationnelles courantes. Les dirigeants doivent insister pour que le niveau de cybersécurité des fournisseurs fasse l’objet d’une surveillance continue et formaliser la coordination des interventions avec ces derniers. Le message est simple : protéger votre entreprise aujourd’hui, c’est aussi protéger votre réseau de partenaires.

Le Ransomware est désormais devenu une menace à l’échelle de l’écosystème. Cette évolution oblige les dirigeants à adopter une réflexion axée sur les écosystèmes. Les entreprises qui en prendront conscience rapidement et agiront en conséquence seront les mieux placées pour préserver la confiance et la stabilité dans un environnement où un seul maillon faible peut avoir des répercussions sur des centaines d’autres.

Experts Okoone
PARLONS-EN !

Un projet en tête ?
Planifiez un appel de 30 minutes avec nous.

Des experts senior pour vous aider à avancer plus vite : produit, tech, cloud & IA.

Veuillez saisir une adresse email professionnelle valide.

Les groupes d’auteurs de Ransomware déploient des stratégies variées à travers l’Europe, en adaptant leurs campagnes aux spécificités régionales

Les données issues de l’étude de Black Kite montrent que les groupes d’auteurs de Ransomware n’agissent pas de manière uniforme. Chacun d’entre eux met en œuvre des stratégies distinctes, déterminées par la géographie, la langue et la structure du secteur d’activité. Qilin, Akira et SafePay se sont distingués comme les plus actifs. Qilin a été le plus omniprésent, opérant dans 26 des 31 pays européens analysés. Son ampleur témoigne de la capacité du groupe à adapter ses opérations à plusieurs marchés nationaux. SafePay, en revanche, a concentré plus de la moitié de son activité sur des organisations allemandes, démontrant ainsi une approche ciblée et optimisée pour un environnement spécifique.

Cette différence est importante. Elle montre que ces groupes connaissent bien leurs cibles. Ils adaptent leur stratégie en fonction des secteurs rentables, de la présence de chaînes d’approvisionnement vulnérables et du niveau de maturité des cyberdéfenses locales. Pour les dirigeants, cela signifie que le risque est de plus en plus contextuel : ce qui affecte une région peut se traduire différemment dans une autre. Une politique de cybersécurité uniforme ne permettra pas d’atténuer pleinement ces menaces. Les organisations doivent allier une supervision mondiale à des renseignements régionaux pour rester efficaces.

Pour progresser, les dirigeants de haut niveau doivent veiller à ce que leurs équipes de sécurité intègrent des flux de renseignements en temps réel adaptés à l’activité des menaces au niveau régional. Les fonctions chargées de la gestion des risques doivent élaborer des modèles tenant compte des différents comportements des acteurs malveillants, plutôt que de se fonder sur des hypothèses généralisées. Comprendre les intentions et les schémas d’action de ces groupes permettra de planifier des investissements défensifs ciblés. La présence transfrontalière de Qilin et l’orientation régionale de SafePay soulignent la manière dont les acteurs malveillants s’adaptent pour gagner en efficacité, une capacité à laquelle les dirigeants d’entreprise doivent répondre par une adaptabilité équivalente.

Le renforcement des cadres réglementaires fait évoluer la gestion des risques cybernétiques, qui passe des contrôles internes à une gouvernance inclusive de la chaîne d’approvisionnement

Le cadre réglementaire européen se durcit rapidement. Des dispositifs tels que la directive NIS2, la directive DORA, le règlement CER et la loi sur la cyber-résilience (Cyber Resilience Act) renforcent les attentes quant à la manière dont les organisations gèrent non seulement leurs systèmes internes, mais aussi l’ensemble de leurs écosystèmes de fournisseurs. Ces réglementations exigent une responsabilisation. Les conseils d’administration doivent démontrer qu’ils identifient clairement où se situent les risques cybernétiques, que ce soit au sein de leurs réseaux ou chez leurs partenaires et prestataires de services. Pour les dirigeants, cela signifie que la cybersécurité ne peut plus être déléguée exclusivement aux équipes techniques. Il s’agit désormais d’un enjeu stratégique de gouvernance directement lié à la résilience opérationnelle, à la continuité des activités et à la confiance accordée à la marque.

Cette évolution redéfinit les priorités des conseils d’administration. La gestion des risques s’étend désormais à l’identification des dépendances vis-à-vis des fournisseurs, à la validation des dispositifs de sécurité des tiers et au suivi de la conformité au-delà des frontières juridictionnelles. Le champ d’action est vaste, mais il en résulte un gain en termes de contrôle et de visibilité. Les entreprises qui s’alignent dès le début sur les attentes réglementaires seront mieux armées pour réagir rapidement tant aux attaques par Ransomware qu’aux demandes de renseignements des autorités de régulation.

Pour les dirigeants d’entreprise, il ne s’agit pas seulement d’une obligation, mais d’une opportunité de renforcer leur crédibilité. Lorsque les organisations sont en mesure de démontrer qu’elles exercent une surveillance éclairée de l’ensemble des risques liés à leur chaîne d’approvisionnement, elles acquièrent un avantage stratégique auprès des autorités de régulation, des investisseurs et des clients. S’adapter à des réglementations telles que la directive NIS 2 et la directive DORA nécessite une gouvernance structurée, des indicateurs mesurables et un reporting continu. Ces processus définiront les normes de référence en matière de leadership dans le paysage européen de la cybersécurité, en pleine évolution, et permettront aux organisations proactives de se positionner comme des acteurs résilients, fiables et conformes sur un marché qui exige à la fois une expertise technique et une clarté stratégique.

Des pressions convergentes liées à la recrudescence des attaques par Ransomware, aux vulnérabilités des fournisseurs et aux nouvelles réglementations

Le monde des affaires européen est confronté à trois pressions simultanées : la multiplication rapide des attaques par Ransomware, les chaînes d’approvisionnement qui deviennent des points faibles critiques, et les nouvelles réglementations imposant une responsabilité stricte. Le Dr Ferhat Dikbiyik, directeur de la recherche et du renseignement chez Black Kite, l’a clairement souligné : « Nos recherches montrent que certains des incidents liés au Ransomware les plus importants en Europe se caractérisent moins par la victime initiale que par l’ampleur de leurs répercussions en aval au sein d’un écosystème interconnecté. » Sa déclaration résume parfaitement l’essence du problème. Les organisations modernes n’opèrent plus dans des environnements numériques isolés. Chaque relation avec un partenaire, un fournisseur ou un client entraîne une exposition commune au risque.

Pour les dirigeants, cette convergence de facteurs exige une approche stratégique et intégrée de la cyber-résilience. Les réponses traditionnelles, axées uniquement sur l’application de correctifs aux systèmes ou le déploiement de nouveaux outils, ne suffisent plus. Il faut désormais mettre l’accent sur une supervision coordonnée. Les dirigeants doivent disposer d’une visibilité sur la manière dont les risques se propagent au sein de leurs réseaux opérationnels et sur la façon dont une seule faille peut avoir des répercussions sur plusieurs niveaux de leur écosystème. Lorsqu’un Ransomware se propage via un fournisseur ou un prestataire de services, les répercussions affectent à la fois la confiance envers la marque, la continuité opérationnelle et la conformité réglementaire.

Une organisation tournée vers l’avenir harmonisera ses stratégies en matière de cybersécurité, de conformité et d’exploitation dans le cadre d’un modèle de gouvernance partagé. Cette approche garantit que la détection des risques, la réponse aux incidents et la surveillance des fournisseurs constituent des processus interdépendants, et non des fonctions distinctes. Les dirigeants doivent exiger des rapports réguliers sur l’exposition aux risques cybernétiques liés aux tiers et mettre en place des mécanismes d’escalade qui relient directement les conclusions techniques à l’impact sur l’activité. Cette clarté est essentielle pour une prise de décision éclairée.

L’étude de Black Kite, qui s’appuie sur le suivi du Ransomware, l’analyse de l’écosystème des fournisseurs et l’examen de la réglementation, souligne que ce défi prend rapidement de l’ampleur. Les organisations qui réussiront seront celles qui considéreront la cybersécurité comme une capacité stratégique, adaptable, fondée sur les données et intégrée à tous les niveaux de leur fonctionnement. En comprenant où se concentrent les risques et comment ils se propagent, les entreprises européennes peuvent garder une longueur d’avance tant sur les attaquants que sur les contraintes de conformité, et se doter d’une véritable résilience au moment où cela compte le plus.

Principaux faits marquants

  • L’activité du Ransomware s’intensifie dans les plus grandes économies européennes : les incidents liés au Ransomware ont bondi de 55,1 % par rapport à l’année précédente, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et l’Espagne concentrant près de 70 % du total des attaques. Les dirigeants devraient donner la priorité aux investissements dans des stratégies de détection proactive et d’intervention coordonnée sur ces marchés à haut risque.
  • Les réseaux de fournisseurs apparaissent comme un point de vulnérabilité majeur : les violations de sécurité chez des tiers, à l’instar de l’incident Miljödata qui a touché plus d’un million de personnes, montrent à quel point la compromission d’un seul fournisseur peut perturber des écosystèmes entiers. Les dirigeants devraient imposer la réalisation d’évaluations des risques liés aux fournisseurs ainsi qu’une surveillance continue afin de renforcer la cyber-résilience.
  • Les groupes d’auteurs de Ransomware adaptent leurs tactiques aux conditions locales et régionales : des groupes tels que Qilin et SafePay adaptent leurs campagnes afin d’optimiser leur impact au niveau local. Les décideurs doivent veiller à ce que les cadres de cybersécurité intègrent des renseignements sur les menaces spécifiques à chaque pays, afin de mettre en place des contre-mesures plus rapides et adaptées au contexte régional.
  • La réglementation transfère la responsabilité au conseil d’administration : des cadres réglementaires tels que la directive NIS 2, la directive DORA et la loi sur la cyber-résilience imposent aux organisations de gérer les risques cybernétiques tout au long de leur chaîne d’approvisionnement. Les conseils d’administration doivent intégrer la gouvernance cybernétique à la stratégie d’entreprise, en garantissant la transparence et la conformité dans l’ensemble de leurs relations avec les fournisseurs.
  • La convergence de plusieurs pressions exige une supervision intégrée des risques : la multiplication des attaques, la dépendance vis-à-vis des fournisseurs et les nouvelles réglementations constituent un défi unique et en constante évolution. Les dirigeants doivent harmoniser la cybersécurité, la conformité et la continuité des activités dans le cadre d’une gouvernance unifiée afin d’améliorer la visibilité, la responsabilité et la résilience.

Alexander Procter

juillet 6, 2026

13 Min

Experts Okoone
PARLONS-EN !

Un projet en tête ?
Planifiez un appel de 30 minutes avec nous.

Des experts senior pour vous aider à avancer plus vite : produit, tech, cloud & IA.

Veuillez saisir une adresse email professionnelle valide.