Au Royaume-Uni, les pertes liées à la fraude ont bondi pour atteindre 1,28 milliard de livres sterling

La fraude au Royaume-Uni a atteint un nouveau seuil. Les pertes se sont élevées à 1,28 milliard de livres sterling en 2025, avec plus de quatre millions de cas signalés, selon FICO. Cette hausse s’explique par le fait que les criminels parviennent à convaincre les gens de transférer leur propre argent. Les criminels ont modifié leur stratégie : ils ne s’attaquent plus aux réseaux, mais à la confiance. Ce changement met en évidence une vérité simple : les personnes constituent désormais le point d’entrée privilégié.

La plupart des systèmes de prévention ont été conçus pour détecter les accès non autorisés, les logiciels malveillants, les fuites de mots de passe et le clonage de cartes. Ils n’ont pas été conçus pour repérer les manipulations en temps réel. Les escroqueries actuelles poussent les victimes à autoriser elles-mêmes les paiements. Il s’agit là d’un tout autre type de combat. Pour y faire face, les établissements doivent associer la technologie à une analyse comportementale. Cela implique de détecter les déclencheurs émotionnels au cours du parcours de paiement.

Pour les décideurs, le message est clair. Les moyens de défense traditionnels ne suffisent plus. Les stratégies de prévention de la fraude doivent évoluer rapidement, en combinant analyse de données, compréhension psychologique et surveillance en temps réel. Les investissements dans des modèles adaptatifs de lutte contre la fraude détermineront quelles banques conserveront la confiance du public et lesquelles seront laissées pour compte à mesure que celle-ci s’affaiblit. Celles qui prendront les devants et intégreront les renseignements à la fois dans les canaux numériques et humains auront l’avantage.

La fraude liée aux paiements autorisés s’est révélée être le principal facteur à l’origine de l’augmentation des pertes

La fraude liée aux paiements autorisés est désormais la menace qui connaît la croissance la plus rapide. James Roche, consultant en matière de fraude chez FICO, a confirmé que la hausse la plus importante provenait des pertes liées aux paiements autorisés, qui ont bondi de 19 % pour atteindre 576,4 millions de livres sterling. Les principaux responsables étaient la fraude malveillante commise par les bénéficiaires et les escroqueries à l’investissement. Dans ces cas, les victimes pensent payer pour quelque chose de légitime, qu’il s’agisse de biens, de services ou d’opportunités d’investissement, mais l’argent finit sur des comptes appartenant à des criminels.

Le problème ne cesse de s’aggraver. Les escroqueries liées à l’investissement ont bondi de 40 % pour atteindre 221,5 millions de livres sterling en 2025. Les escroqueries liées aux achats ont augmenté de 20 %, pour atteindre 118,1 millions de livres sterling. Les fraudes sentimentales ont progressé de 23 %, à 39,2 millions de livres sterling, et les escroqueries aux frais payables d’avance ont explosé de 65 %, pour atteindre 58,4 millions de livres sterling. Il s’agit d’opérations minutieusement planifiées, fondées sur l’analyse de données et reposant sur la manipulation émotionnelle.

Pour les dirigeants, cela met en évidence un point faible des systèmes actuels : le facteur humain. Les banques et les prestataires de paiement doivent non seulement se concentrer sur la détection des accès frauduleux, mais aussi sur l’identification de l’intention. Les outils de détection de la fraude doivent évoluer afin de signaler les indices comportementaux suspects avant qu’une transaction ne soit débitée du compte du client. Cela implique de combiner la vérification d’identité, le contexte de la transaction et les habitudes de communication du client au sein d’un système décisionnel cohérent et en temps réel.

La fraude aux paiements autorisés est en train de bouleverser les enjeux économiques de la confiance numérique. Les établissements financiers qui anticipent cette évolution et mettent en place des systèmes permettant de détecter rapidement les manœuvres frauduleuses protégeront à la fois leurs clients et leur image de marque. L’objectif n’est pas seulement de réduire les pertes, mais aussi de rendre l’ensemble de l’environnement financier plus résilient face aux manipulations à grande échelle.

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Les fraudes d’ordre technique sont en recul grâce à l’amélioration des systèmes de sécurité numérique et de prévention de la fraude

Les escroqueries par redirection malveillante, dans lesquelles des criminels se font passer pour des fonctionnaires ou des dirigeants afin de détourner des paiements, ont atteint leur niveau le plus bas depuis 2020. Cette baisse montre que les banques et les plateformes de paiement ont renforcé leurs défenses techniques. Le chiffrement, l’authentification à deux facteurs et l’amélioration de la vérification des transactions permettent désormais de bloquer de nombreuses tentatives d’accès non autorisées avant qu’elles n’atteignent les systèmes critiques. Ces mesures ont rendu plus difficile pour les fraudeurs de recourir à des techniques de pénétration pour atteindre leurs objectifs.

Cependant, la baisse de la fraude technique ne signifie pas que la menace globale s’amenuise. Elle change de nature. Ces mêmes criminels s’attachent désormais à manipuler les personnes plutôt que les systèmes. James Roche, de FICO, a souligné que « toutes les escroqueries nécessitant un accès technique sont en recul », tandis que celles qui exploitent le comportement humain connaissent une forte augmentation. Cette évolution impose de repenser les priorités en matière de cybersécurité. La solidité du contrôle d’accès aux systèmes doit désormais aller de pair avec celle de l’analyse comportementale.

Pour les dirigeants d’entreprise et du secteur bancaire, préserver la confiance dans les systèmes numériques implique de renforcer en permanence les défenses, tout en prenant conscience que la plupart des attaques futures viseront les processus décisionnels. La prévention de la fraude devient un processus de bout en bout qui dépasse les limites du domaine informatique, en intégrant la conformité, le service client et la surveillance comportementale en temps réel. Le succès dépend de la rapidité avec laquelle ces domaines s’aligneront au sein d’un cadre unifié de sécurité et de protection des clients.

La fraude par carte bancaire non autorisée a connu une augmentation

En ce qui concerne la fraude par carte non autorisée, le nombre de cas a augmenté de 11 % en 2025, mais les pertes financières globales sont restées stables. Les fraudeurs ciblent davantage de victimes pour des montants plus modestes, une stratégie visant à rester en dessous de la plupart des seuils de détection de la fraude. Cette tendance suggère que des criminels moins sophistiqués font leur apparition dans ce domaine, s’appuyant souvent sur des cartes piratées ou volées et effectuant un grand nombre de transactions de faible valeur.

Les données de FICO montrent que la fraude à distance, ou fraude « carte non présente », dépasse désormais toutes les autres catégories de fraude non autorisée réunies. Une grande partie de cette fraude résulte de l’ingénierie sociale, les criminels incitant leurs victimes à leur communiquer des codes d’accès à usage unique utilisés pour créer des portefeuilles numériques. Cette combinaison de petites transactions et de manipulations mineures engendre une complexité opérationnelle pour les établissements financiers. Une fraude à grande échelle mais à faible impact peut néanmoins causer un grave préjudice à la réputation si elle n’est pas maîtrisée.

Pour les dirigeants, l’implication est claire : les systèmes de détection doivent prendre en compte aussi bien le volume que la valeur. De nombreuses organisations continuent de consacrer l’essentiel de leurs ressources aux violations de données à grande échelle, ce qui fait que les transactions de commerce numérique de moindre envergure font l’objet d’une surveillance moins rigoureuse. Pour gérer ce nouveau contexte, il convient de renforcer les seuils de surveillance sans pour autant submerger les clients de fausses alertes. L’apprentissage automatique en temps réel et la vérification comportementale peuvent aider à distinguer les microtransactions légitimes des activités frauduleuses coordonnées, permettant ainsi aux banques de protéger leurs clients sans ralentir le commerce.

L’évolution du paysage de la fraude exige des systèmes de défense intégrés

Les réseaux de fraude sont de plus en plus organisés, interconnectés et axés sur la technologie. Les criminels n’agissent plus seuls ni ne se contentent d’opportunités isolées ; ils opèrent au sein d’écosystèmes où s’échangent des données, des contacts et des outils numériques conçus pour tromper à grande échelle. James Roche, de FICO, a souligné que « les criminels passent de la compromission des systèmes à l’exploitation des personnes, et de la fraude opportuniste ou physique à des écosystèmes de fraude organisés ». Cette évolution oblige les banques et les prestataires de paiement à repenser leur manière de détecter les menaces et d’y répondre.

Les systèmes traditionnels de prévention de la fraude reposent largement sur des outils fragmentés, chacun étant axé sur un seul produit, canal ou type de risque. Cette approche n’est plus efficace. Les banques doivent intégrer la détection sur l’ensemble de leurs plateformes et évaluer l’intention du client avant d’autoriser un paiement. La surveillance comportementale en temps réel et le partage des données entre les services peuvent permettre aux établissements financiers d’intercepter les activités frauduleuses au fur et à mesure qu’elles se produisent. L’intelligence artificielle améliore ce processus en identifiant les comportements anormaux à grande échelle, mais elle doit rester transparente et explicable afin de garantir la conformité et de préserver la confiance des clients.

Les dirigeants doivent prendre une décision stratégique quant au rythme de modernisation de ces systèmes. La consolidation des outils de surveillance au sein de plateformes unifiées et basées sur l’IA nécessitera des investissements, mais permettra également de réduire les redondances opérationnelles et les délais de réaction. Les institutions qui adopteront cette approche seront mieux armées pour anticiper l’évolution des modes de fraude et protéger à la fois leurs revenus et leur réputation. Pour les équipes de direction, l’accent doit désormais être mis non plus sur la détection isolée des fraudes, mais sur une résilience globale, où la technologie, le jugement humain et la collaboration interdépartementale fonctionnent comme un seul et même système.

Les nouveaux outils de prévention ont donné des résultats prometteurs en matière d’intervention en temps réel contre la fraude

L’intervention en temps réel devient un élément central de la prévention moderne de la fraude. La solution « Scam Signal » de FICO, développée en partenariat avec Jersey Telecom, va encore plus loin en matière de prévention en identifiant les tentatives d’escroquerie au moment même où elles se produisent. Le système utilise les données de télécommunications pour détecter les cas où un consommateur pourrait subir des pressions ou être manipulé au cours d’une conversation téléphonique en direct, notamment dans le cadre d’escroqueries par usurpation d’identité. Lorsqu’un risque est signalé, la banque reçoit une alerte et peut contacter le client immédiatement, avant que l’argent ne soit prélevé du compte.

James Roche, consultant en matière de fraude chez FICO, a déclaré que l’utilisation de Scam Signal avait un « impact réel », démontrant ainsi le potentiel de la collaboration intersectorielle. Les données de télécommunications, associées à l’analyse des comportements financiers, permettent d’établir un profil de risque plus précis que les seules données transactionnelles. Cette approche montre comment des partenariats en dehors du secteur bancaire peuvent renforcer la détection précoce de la fraude et réduire considérablement les délais d’intervention.

Pour les dirigeants, ce modèle mérite d’être pris en compte. Il illustre une avancée vers une intervention fondée sur le renseignement, où la prévention ne repose pas uniquement sur des contrôles de sécurité statiques, mais sur une connaissance en temps réel de la situation. Le déploiement de tels outils intégrés permet aux établissements financiers de détecter des signaux de manipulation que les systèmes traditionnels pourraient ne pas repérer. Dans un environnement où les fraudeurs font évoluer leurs tactiques à un rythme rapide, la capacité à agir pendant la durée de l’escroquerie distingue les établissements proactifs des établissements réactifs.

La prévention future de la fraude nécessite une approche globale et centrée sur le client

La prochaine étape de la prévention de la fraude dépendra de la capacité des établissements financiers à comprendre leurs clients. James Roche, de FICO, a souligné que les banques devaient se forger une « vision approfondie, multicanal, multi-produits et centrée sur le client » pour devancer les fraudeurs. Cela implique de regrouper les données issues de tous les points de contact avec la clientèle — services bancaires mobiles, paiements par carte, virements en ligne et interactions avec les centres d’appel — afin d’en tirer une vision unique et unifiée du comportement des clients. Lorsque les établissements sont en mesure d’interpréter ces données avec précision, ils peuvent identifier les changements subtils dans les habitudes qui signalent une tentative de fraude avant que des pertes ne surviennent.

Les systèmes actuels ont tendance à fonctionner en silos. Les équipes chargées de la lutte contre la fraude, celles chargées de la conformité et les services de gestion des risques s’appuient souvent sur des sources de données et des technologies distinctes. L’intégration de ces fonctions permet aux banques d’appréhender les transactions dans leur contexte global et d’identifier les menaces à un stade précoce. Elle leur permet également d’assurer une protection homogène sur l’ensemble des plateformes sans compromettre l’expérience utilisateur. Cette approche repose sur une technologie évolutive capable de combiner des analyses en temps réel avec des données historiques afin de générer des informations exploitables qui favorisent une prise de décision rapide et précise.

Pour les dirigeants, cette évolution exige une vision stratégique claire. Les investissements doivent privilégier les plateformes qui unifient les données, normalisent l’identification des clients et favorisent l’automatisation. Ces capacités permettent aux établissements d’allier rapidité et précision dans la détection des fraudes. En renforçant l’intelligence contextuelle, les banques peuvent passer d’une approche réactive face aux incidents à une approche proactive visant à les anticiper. Comme l’a souligné M. Roche, l’avantage des banques réside dans leur capacité à créer du contexte et à développer des relations à long terme avec leurs clients. Les fraudeurs, en revanche, misent sur la répétition et le volume. Les établissements capables de comprendre et de protéger chaque client individuellement seront à la pointe en matière de sécurité, de confiance et d’efficacité opérationnelle.

En conclusion

L’augmentation de la fraude au Royaume-Uni, qui atteint désormais 1,28 milliard de livres sterling, n’est pas seulement une statistique : c’est le signe que le paysage des menaces a fondamentalement changé. Les contrôles techniques ont évolué, mais les criminels ont changé de tactique, faisant des clients leur point d’entrée. Pour les dirigeants, cela marque un tournant stratégique. L’ancien modèle de sécurisation des systèmes ne suffit plus. La prochaine ère de la prévention de la fraude repose sur la protection des personnes grâce à l’intelligence, à la confiance et au contexte.

Les institutions qui investissent dans des solutions de détection intégrées et en temps réel passeront d’une approche réactive à une approche proactive. Celles qui continueront à traiter séparément la fraude, la conformité et l’analyse des données prendront du retard. La réussite repose sur la collaboration, tant entre les services qu’entre les secteurs d’activité, mais aussi entre les humains et l’IA. La capacité à observer ce qui se passe sur l’ensemble des canaux, à comprendre les intentions et à agir avant que la tromperie ne se traduise par une perte constituera l’avantage concurrentiel dans le secteur financier.

Les dirigeants devraient considérer la résilience face à la fraude comme un objectif central en matière d’innovation. Il s’agit à la fois de protéger les clients et de préserver l’image de marque. Les banques et les prestataires de services de paiement qui parviennent à instaurer la confiance grâce à la technologie seront à la pointe de cette nouvelle ère de sécurité financière, où la capacité à comprendre et à protéger les personnes deviendra le critère ultime de progrès.

Alexander Procter

juillet 6, 2026

14 Min

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