La prévention de la fraude impose une exigence forte à chaque victime potentielle : reconnaître une attaque tout en gérant tout le reste dans la vie quotidienne. OXIL soutient que la sensibilisation individuelle porte une part trop importante de cette responsabilité. Ses recherches indiquent que 89 % des personnes ont reçu ce qu’elles pensent être une tentative d’arnaque. Pour les responsables de la lutte contre la fraude, la question pratique est de savoir quelles protections subsistent lorsqu’une personne ne reconnaît pas la menace.

Une personne peut comprendre les techniques d’arnaque et néanmoins se trouver dans des circonstances qui rendent son jugement plus difficile à un moment donné, selon les recherches d’OXIL. Cela modifie le problème de conception. La prévention doit tenir compte des périodes de vulnérabilité et de ce que les institutions peuvent faire avant, pendant et après une attaque. OXIL appelle ce modèle élargi « safeguarding » : mobiliser des institutions, des professionnels, des contrôles et un accompagnement autour d’une personne pour réduire le risque de fraude.

La prévention de la fraude fait peser une lourde charge sur les individus

La prévention conventionnelle combine sensibilisation et interception technique. Les personnes reçoivent une formation anti-phishing et des conseils sur les contacts suspects, tandis que les systèmes de lutte contre la fraude identifient les messages, transactions ou infrastructures malveillants. OXIL estime que cette approche est incomplète lorsque la protection dépend fortement de la capacité d’une personne à appliquer ces connaissances au moment de l’attaque. OXIL plaide pour l’adoption du safeguarding ; sa caractérisation du modèle existant doit donc être lue dans ce contexte.

L’équipe de recherche d’OXIL, avec le soutien de Google.organization, a proposé le safeguarding comme framework plus large de prévention des arnaques. Ses recherches comprennent l’analyse de 28,6 millions de signaux d’arnaques et de fraudes fondés sur des noms de domaine, mis à disposition via le Global Signal Exchange. OXIL s’appuie sur ce travail pour défendre un modèle qui confie davantage de responsabilité aux organisations entourant les personnes confrontées à des arnaques. La proposition étend les contrôles antifraude au-delà de l’éducation et de l’interception, vers l’intervention, le signalement, l’accompagnement et la récupération.

OXIL soutient que la capacité d’une personne à reconnaître une arnaque peut évoluer selon sa situation. L’implication en matière de conception est directe. Les organisations qui suivent ce modèle considéreraient la vigilance individuelle comme un contrôle parmi d’autres, avec d’autres mécanismes disponibles lorsqu’une personne a du mal à reconnaître une attaque ou à y répondre.

La vulnérabilité évolue selon les circonstances

Certains obstacles à l’éducation à la fraude peuvent être persistants. OXIL soutient que les personnes présentant des troubles linguistiques ou cognitifs peuvent avoir du mal à suivre les formations. L’accessibilité est donc importante dans la conception des systèmes, car les personnes diffèrent dans leur capacité à assimiler, comprendre, retenir ou appliquer les contenus pédagogiques. Les chiffres de ciblage rapportés par OXIL incluent trois groupes :

Groupe Chiffre rapporté
Personnes présentant des troubles linguistiques 35%
Parents d’enfants d’âge préscolaire 23%
Personnes ayant récemment vécu un deuil 21%

OXIL rapporte également des circonstances susceptibles d’affecter les personnes de manière plus générale. Ses recherches donnent trois chiffres concernant les inquiétudes financières, la solitude et le deuil :

Circonstance Chiffre rapporté
S’inquiètent régulièrement de l’argent 41%
Se sentent souvent seuls 22%
Ont récemment vécu un deuil 12%

OXIL indique que la fatigue, la pression financière et un équilibre vie professionnelle-vie personnelle très chargé figurent parmi les facteurs les plus courants qui rendent les arnaques plus difficiles à repérer. OXIL s’appuie sur ces exemples pour soutenir que la vulnérabilité peut évoluer dans le temps. Une personne qui reconnaît habituellement un contact suspect peut se retrouver dans des conditions différentes pendant un deuil, un stress financier, un épuisement ou des périodes de sollicitations concurrentes. Selon ce modèle, les contrôles antifraude doivent s’adapter aux changements de situation d’une personne.

Cette distinction change la manière dont les organisations peuvent penser les populations vulnérables. Une classification fixe identifie les personnes qui répondent à des critères prédéterminés. OXIL propose le safeguarding pour tous les adultes, car son modèle considère la vulnérabilité comme quelque chose qui peut apparaître selon les circonstances. L’approche concentre l’attention sur les conditions qui affectent une personne au moment où une arnaque l’atteint.

La sensibilisation reste un contrôle préventif. Les conclusions d’OXIL donnent aux responsables de la lutte contre la fraude une raison d’examiner ce qui se passe lorsqu’une personne a du mal à appliquer cette sensibilisation lors d’un échange précis. La question de conception est de savoir quels contrôles institutionnels entrent en jeu une fois que l’attaque atteint l’individu.

Experts Okoone
PARLONS-EN !

Un projet en tête ?
Planifiez un appel de 30 minutes avec nous.

Des experts senior pour vous aider à avancer plus vite : produit, tech, cloud & IA.

Veuillez saisir une adresse email professionnelle valide.

Les contrôles antifraude doivent couvrir l’ensemble du cycle de vie de l’incident

OXIL décrit l’objectif de la communauté technologique comme étant l’interception d’un message. L’interception peut supprimer un message malveillant avant que le destinataire n’ait à l’évaluer. La proposition de safeguarding d’OXIL étend le modèle opérationnel à trois étapes : avant, pendant et après un incident. Chaque étape crée une tâche différente pour les institutions concernées.

Avant un incident, les organisations peuvent détecter des signaux, partager du renseignement, informer les clients et bloquer les menaces connues. Pendant un incident, le modèle d’OXIL prévoit que des institutions ou des intermédiaires de confiance reconnaissent une manipulation possible et interviennent. Après un incident, le travail se déplace vers le signalement, l’accompagnement, l’enquête et la récupération. Ce cycle de vie permet aux organisations d’attribuer des contrôles au-delà de la tentative initiale d’arrêter une arnaque.

OXIL rapporte que, parmi les personnes ayant signalé une arnaque, 41 % ont estimé que rien n’avait changé et 35 % ont eu le sentiment de devoir tout résoudre elles-mêmes. Ces chiffres concernent des personnes qui avaient déjà signalé un incident, ce qui les rend pertinents pour l’argument d’OXIL en faveur d’un accompagnement renforcé après incident. OXIL indique également que ses recherches ont montré que de nombreuses victimes se blâment elles-mêmes ou éprouvent de la honte, ce qui peut les réduire au silence et compliquer la récupération. Ces constats étayent l’accent mis par OXIL sur ce que font les institutions après qu’une fraude s’est produite.

Le langage utilisé après un incident fait également partie de l’argumentaire d’OXIL. OXIL caractérise les banques comme utilisant des solutions « before » pour des problèmes « after » lorsque des clients appellent après avoir été victimes d’une fraude. Les banques font partie des organisations dont OXIL souhaite faire évoluer les pratiques grâce à son framework de safeguarding ; cela reste donc la caractérisation d’OXIL de la pratique actuelle. Pour les banques, la police, les organismes publics et les autres organisations, la question opérationnelle est de savoir si les processus post-incident aident une personne touchée à signaler l’événement et à obtenir l’accompagnement disponible.

Le safeguarding répartit la responsabilité entre les institutions

OXIL propose des rôles pour les travailleurs sociaux, la police, les professionnels de santé, les organismes publics, les banques et d’autres intermédiaires susceptibles d’identifier un risque ou d’aider quelqu’un à réagir. Dans ce modèle, l’éducation s’adresse également aux personnes et aux institutions en mesure d’intervenir. L’objectif est un réseau plus large capable d’agir avant, pendant ou après une fraude. C’est ce transfert de responsabilité que défend OXIL.

Le partage d’informations est au cœur de cette proposition. OXIL désigne le Global Signal Exchange comme une plateforme par laquelle des informations liées aux arnaques peuvent être partagées. Cette proposition reflète le modèle opérationnel privilégié par OXIL et son intérêt pour une adoption plus large. Pour les dirigeants, elle soulève une question concrète de gouvernance : quelles organisations peuvent recevoir des informations pertinentes sur la fraude, et quelles actions sont-elles autorisées à entreprendre avec celles-ci ?

OXIL soutient également que le safeguarding devrait s’appliquer à tous les adultes. Son raisonnement découle de son point de vue selon lequel la vulnérabilité peut émerger avec le deuil, le stress financier, l’épuisement, le handicap ou d’autres circonstances. Dans cette approche, les contrôles répondent à la situation d’une personne au lieu de dépendre de son appartenance à une catégorie fixe. Le safeguarding devient alors un principe opérationnel pour la détection, l’intervention, le traitement des cas, le signalement et la récupération.

Pour les responsables technologiques et du risque, cela crée une question précise de conception des contrôles : que se passe-t-il après qu’une attaque atteint une personne qui a du mal à l’évaluer ou à y répondre ? Les organisations peuvent examiner le support client, le traitement des cas, les voies de signalement, le partage d’informations et les processus de récupération. La proposition d’OXIL intègre ces fonctions dans le modèle de contrôle de la fraude, aux côtés de l’éducation et de l’interception technique.

Points clés à retenir pour les dirigeants

  • Réduire la dépendance à la vigilance individuelle : La prévention de la fraude doit considérer la sensibilisation comme un contrôle parmi d’autres. Les dirigeants doivent mettre en place des protections qui restent efficaces lorsque les clients ne peuvent pas reconnaître une arnaque ni y répondre efficacement.
  • Concevoir pour une vulnérabilité évolutive : Le deuil, la pression financière, l’épuisement, le handicap et d’autres circonstances peuvent affecter la capacité d’une personne à repérer une fraude. Les contrôles doivent répondre à l’évolution des conditions plutôt que de s’appuyer uniquement sur des définitions fixes des groupes vulnérables.
  • Couvrir l’ensemble du cycle de vie de la fraude : La prévention doit aller au-delà de l’interception des messages malveillants. Les dirigeants doivent évaluer les contrôles avant, pendant et après les incidents, y compris l’intervention, le signalement, le traitement des cas, l’accompagnement et la récupération.
  • Répartir la responsabilité entre les institutions : Le modèle de safeguarding d’OXIL donne aux banques, aux organismes publics, à la police, aux professionnels de santé et aux autres intermédiaires un rôle plus important dans la prévention de la fraude. Les dirigeants doivent clarifier comment les renseignements pertinents sur la fraude sont partagés et qui est autorisé à intervenir ou à fournir un accompagnement.

Alexander Procter

septembre 7, 2026

9 Min

Experts Okoone
PARLONS-EN !

Un projet en tête ?
Planifiez un appel de 30 minutes avec nous.

Des experts senior pour vous aider à avancer plus vite : produit, tech, cloud & IA.

Veuillez saisir une adresse email professionnelle valide.