Les entreprises britanniques sous-déclarent les attaques de Ransomware en raison de la stigmatisation qui y est associée

Le Ransomware constitue un problème plus grave que ne le laissent supposer les chiffres. Le problème est que de nombreuses organisations choisissent de ne pas les signaler. Cela crée un décalage entre ce que les décideurs pensent qu’il se passe et la réalité.

De nombreuses entreprises craignent que le fait de reconnaître avoir été victime d’une attaque par Ransomware ne nuise à leur réputation, ne suscite des interrogations de la part des clients et des autorités de régulation, ou ne révèle qu’elles ont versé une rançon. Certaines redoutent également que la divulgation d’un incident puisse être interprétée comme un soutien à une activité criminelle ou comme un manquement aux exigences de conformité. Ces préoccupations sont compréhensibles, mais elles ont un coût. Chaque attaque non signalée réduit la capacité du secteur à comprendre comment les attaquants opèrent et dans quelle direction ils évoluent.

Pour les dirigeants, il ne s’agit pas seulement d’un enjeu de communication. C’est un enjeu de veille stratégique. La cybersécurité repose sur des informations précises. Si les organisations gardent le silence, les gouvernements, les forces de l’ordre et les équipes de sécurité perdent des informations précieuses sur les nouvelles méthodes d’attaque. Il devient alors plus difficile d’identifier les tendances, d’allouer les ressources et d’améliorer les défenses à l’échelle de l’économie dans son ensemble.

Une culture de signalement plus développée profite également à chaque organisation. Le signalement des incidents aide les autorités à se faire une idée plus précise des campagnes de Ransomware, ce qui peut permettre d’obtenir plus rapidement des renseignements sur les menaces, d’améliorer les recommandations et d’assurer une meilleure coordination lors de futures attaques. La transparence doit être considérée comme faisant partie intégrante d’une gestion moderne des risques, et non comme un signe de faiblesse.

Selon le service national « Report Fraud », géré par la police de la City de Londres, 323 organisations britanniques ont signalé des attaques par Ransomware entre avril 2025 et mars 2026. Ces incidents ont entraîné des pertes financières déclarées s’élevant à 270 000 £. Ce chiffre reflète très certainement une sous-déclaration importante plutôt que l’impact financier réel du Ransomware sur les entreprises britanniques.

Les PME représentent une part importante des incidents liés au Ransomware

Le Ransomware ne constitue pas uniquement un problème pour les grandes entreprises. Les derniers chiffres montrent que les petites et moyennes entreprises en sont souvent la cible. Les cybercriminels s’attaquent de plus en plus à des organisations de toutes tailles, car de nombreuses petites entreprises détiennent des données précieuses tout en disposant souvent de ressources limitées en matière de cybersécurité.

Selon Report Fraud, 175 des 323 incidents liés au Ransomware signalés entre avril 2025 et mars 2026 concernaient des PME. Cela représente plus de la moitié de l’ensemble des cas signalés. Ces données soulignent un point important pour les dirigeants d’entreprise : la taille d’une entreprise ne détermine pas si celle-ci sera ou non prise pour cible.

Pour les dirigeants de PME, la cybersécurité doit être considérée comme une fonction métier essentielle plutôt que comme une simple dépense informatique. Une cyberattaque peut perturber les activités, ébranler la confiance des clients, retarder la réalisation du chiffre d’affaires et entraîner des difficultés d’ordre juridique et réglementaire. Même si une entreprise parvient à rétablir ses systèmes, cette perturbation peut avoir des conséquences commerciales durables.

La bonne nouvelle, c’est que de nombreuses attaques de Ransomware qui aboutissent exploitent des failles dont l’impact peut être limité grâce à des pratiques de sécurité rigoureuses. Les mises à jour régulières des logiciels, des contrôles rigoureux de l’identité et des accès, des sauvegardes fiables, la sensibilisation des collaborateurs et des plans d’intervention en cas d’incident testés améliorent considérablement la résilience. Ces mesures s’avèrent souvent moins coûteuses que les coûts financiers et opérationnels liés à la reprise après une attaque.

Amanda Wolf, commissaire principale et responsable des opérations chez Report Fraud, une entité relevant de la police de la City de Londres, a souligné que le Ransomware restait « une menace grave et en constante évolution pour les organisations de toutes tailles à travers le Royaume-Uni ». Son message reflète une évolution plus large de la réflexion en matière de cybersécurité : la résilience n’est plus une option. Il s’agit d’une capacité opérationnelle que chaque organisation, quelle que soit sa taille, doit développer en permanence.

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Une préparation proactive et une communication rapide sont essentielles

Il est impossible d’éliminer complètement le Ransomware, mais il est possible d’en réduire considérablement l’impact grâce à une bonne préparation. Les organisations qui investissent dans la prévention et la réaction avant qu’un incident ne se produise se trouvent dans une position bien plus solide lorsqu’elles sont confrontées à une attaque. Il ne s’agit pas simplement de déployer des technologies de sécurité. Cela nécessite des processus clairs, un suivi de la part de la direction et des tests réguliers.

Le Centre national de cybersécurité (NCSC) recommande des mesures concrètes permettant de réduire les risques de manière systématique. Il s’agit notamment d’effectuer régulièrement des sauvegardes de données hors ligne ou protégées d’une autre manière, de mettre en place des contrôles d’accès rigoureux, de maintenir à jour les systèmes et les logiciels, et de suivre les recommandations établies en matière de cybersécurité. Chaque mesure vise à remédier à une faille courante que les groupes d’auteurs de Ransomware exploitent souvent.

Pour les équipes de direction, la préparation doit être intégrée à la planification de la continuité des activités. Une attaque par Ransomware peut perturber les opérations, interrompre les chaînes d’approvisionnement, affecter les services à la clientèle et exposer des informations sensibles. Un plan d’intervention efficace en cas d’incident doit définir les responsabilités en matière de prise de décision, les procédures de communication, les priorités de reprise des activités et les obligations de signalement avant même qu’un incident ne se produise. Une fois ces plans testés, les organisations peuvent réagir plus rapidement et limiter les perturbations inutiles.

La rapidité est également essentielle dès qu’une attaque est détectée. Un signalement rapide permet aux équipes spécialisées de fournir des conseils alors que l’incident est encore en cours. Une intervention précoce auprès des autorités peut améliorer la coordination, préserver des preuves précieuses et contribuer à une meilleure compréhension des campagnes actuelles de Ransomware susceptibles de toucher d’autres organisations.

Amanda Wolf, commissaire principale et responsable des opérations chez Report Fraud, une entité relevant de la police de la City de Londres, a souligné que « la meilleure défense réside dans la préparation ». Elle a encouragé les organisations à mettre en place des sauvegardes régulières des données, des contrôles d’accès rigoureux, des mises à jour régulières des systèmes et à suivre les recommandations du NCSC afin de réduire à la fois la probabilité et l’impact des attaques par Ransomware. Elle a également conseillé aux entreprises victimes d’une attaque de la signaler immédiatement via Report Fraud, où une équipe dédiée est disponible pour leur apporter un soutien en cas d’incident.

La transparence et le partage des informations relatives aux attaques renforcent la cybersécurité collective

De nombreuses organisations continuent de penser que la meilleure façon de réagir face à une attaque par Ransomware est d’en garder le secret. Cette approche permet certes de préserver leur réputation à court terme, mais elle limite également les informations mises à la disposition des autres entreprises, des professionnels de la sécurité et des forces de l’ordre. À long terme, cela rend plus difficile l’identification des nouvelles techniques d’attaque et la mise en place d’une réponse efficace.

Le partage d’informations sur les incidents liés au Ransomware présente des avantages concrets. Les méthodes d’attaque, les vulnérabilités exploitées et les indicateurs de compromission aident les équipes de sécurité à renforcer leurs propres défenses avant de devenir elles-mêmes des cibles. Ces connaissances permettent également aux forces de l’ordre et aux organismes publics de se faire une idée plus précise du mode de fonctionnement des groupes de Ransomware et de l’évolution de leurs tactiques.

Les dirigeants devraient considérer la transparence comme un élément de la résilience à long terme plutôt que comme un simple risque pour la réputation. Les clients, les investisseurs et les autorités de régulation attendent de plus en plus des organisations qu’elles réagissent de manière responsable face aux incidents cybernétiques. Une communication claire, associée à un système de signalement adapté et à des enseignements tirés fondés sur des données factuelles, démontre que l’organisation s’attache à gérer les risques plutôt qu’à les dissimuler.

Une culture de divulgation responsable favorise également l’apprentissage dans tous les secteurs d’activité. À mesure que davantage d’organisations partagent des informations sur les attaques, les recommandations en matière de sécurité gagnent en précision, les technologies de défense s’améliorent et les entreprises comprennent mieux où investir leurs ressources en matière de cybersécurité.

Jake Moore, conseiller mondial en cybersécurité chez ESET, a déclaré que « l’un des principaux obstacles à la lutte contre le Ransomware réside dans le fait que de très nombreuses organisations estiment encore devoir gérer ces incidents en silence ». Il a fait valoir que chaque incident non signalé complique la tâche des forces de l’ordre et des autres organisations pour comprendre le mode de fonctionnement des groupes de Ransomware. M. Moore a également souligné que les organisations disposées à publier les détails des attaques dont elles ont été victimes ont probablement permis d’éviter de nombreux incidents futurs en aidant d’autres entités à reconnaître ces mêmes techniques et à s’en prémunir.

Les autorités vous encouragent à la fois à signaler ces faits et à refuser de verser des rançons

Les gouvernements et les agences chargées de la cybersécurité s’accordent de plus en plus sur un message : signaler rapidement les incidents liés au Ransomware et éviter, dans la mesure du possible, de payer les rançons. Cette approche vise à renforcer la cyber-résilience nationale tout en réduisant les incitations financières qui permettent aux groupes de Ransomware de poursuivre leurs activités.

Le service britannique « Report Fraud » a lancé une campagne de sensibilisation au Ransomware afin d’encourager les organisations à signaler les cyberattaques plutôt que de les gérer en interne. Un meilleur signalement permet aux agences gouvernementales, notamment le Centre national de cybersécurité (NCSC), de mieux cerner le paysage des menaces. Ces informations permettent d’améliorer le renseignement sur les menaces, de prendre de meilleures décisions stratégiques et d’assurer des réponses plus coordonnées tant dans le secteur public que dans le secteur privé.

Cette campagne réaffirme également les recommandations de longue date contre le paiement d’une rançon. Bien que les organisations soumises à une pression opérationnelle puissent considérer le paiement comme le moyen le plus rapide de rétablir leurs activités, rien ne garantit que les attaquants restaureront les systèmes chiffrés, restitueront les données volées ou s’abstiendront de formuler de nouvelles exigences. Dans de nombreux cas, les organisations continuent de subir des perturbations même après avoir effectué un paiement. Le paiement fournit en outre des fonds supplémentaires aux groupes criminels, leur permettant d’étendre leurs activités et de cibler davantage de victimes.

Pour les équipes de direction, cela souligne l’importance de prendre des décisions cruciales avant qu’un incident ne se produise. Une politique de réponse au Ransomware bien définie doit établir la position de l’organisation concernant le paiement des rançons, définir les procédures d’escalade, identifier les partenaires externes et veiller à ce que les équipes juridiques, réglementaires et de communication soient prêtes à intervenir de concert. Prendre ces décisions en pleine crise augmente considérablement les risques opérationnels et juridiques.

Les dirigeants d’entreprise doivent également veiller à ce que la stratégie de cybersécurité ne se limite pas à la prévention. La planification de la reprise d’activité, les exercices de simulation d’incidents au niveau de la direction, la sensibilisation des collaborateurs et la mise en conformité avec les recommandations gouvernementales contribuent tous à renforcer la résilience de l’organisation. L’objectif est de résister à une attaque et de se remettre rapidement de celle-ci, tout en préservant la confiance des parties prenantes.

Amanda Wolf, commissaire principale et responsable des opérations chez Report Fraud, une entité relevant de la police de la City de Londres, a encouragé les organisations victimes d’une attaque par Ransomware à signaler immédiatement ces incidents afin que des spécialistes dédiés puissent leur apporter leur soutien. Ni le NCSC ni les forces de l’ordre britanniques n’approuvent ni ne tolèrent le paiement de rançons, car cela finance des activités criminelles et n’offre aucune garantie que les données chiffrées ou volées seront récupérées. Les organisations à la recherche de conseils pratiques sont invitées à consulter la « Cyber Action Toolkit » du NCSC ainsi que ses ressources consacrées à la réponse aux attaques par Ransomware.

Principaux enseignements pour les dirigeants

  • Considérez la sous-déclaration comme un risque pour l’entreprise : les Ransomwares sont probablement bien plus répandus que ne l’indiquent les chiffres officiels, car de nombreuses organisations évitent de signaler les incidents. Les dirigeants devraient encourager une déclaration transparente afin d’améliorer les renseignements sur les menaces, de renforcer la résilience du secteur et de favoriser une gestion éclairée des risques.
  • Les PME constituent une cible de choix : plus de la moitié des cas de Ransomware signalés au Royaume-Uni concernaient des petites et moyennes entreprises, ce qui montre que les cybercriminels ne se concentrent pas uniquement sur les grandes organisations. Les dirigeants doivent veiller à ce que les investissements en cybersécurité soient adaptés aux risques commerciaux, quelle que soit la taille de l’entreprise.
  • Renforcez votre résilience avant une attaque : des sauvegardes régulières, des contrôles d’accès rigoureux, des mises à jour système effectuées en temps opportun et un plan d’intervention en cas d’incident testé réduisent considérablement l’impact du Ransomware. Un signalement rapide permet également aux organisations de bénéficier d’une assistance spécialisée et améliore la coordination avec les autorités.
  • Partagez vos enseignements pour renforcer la défense collective : la divulgation responsable des incidents liés au Ransomware aide les entreprises, les équipes de sécurité et les forces de l’ordre à identifier plus rapidement les tactiques des attaquants. Les dirigeants doivent considérer la transparence comme un investissement à long terme dans la résilience de leur organisation et de l’ensemble du secteur.
  • Alignez votre stratégie de réponse aux incidents sur les recommandations des pouvoirs publics : signalez rapidement les attaques et évitez de payer des rançons, car ces paiements financent des activités criminelles sans garantir la récupération des données. Mettez en place des politiques de direction et des plans de reprise clairs avant qu’un incident ne se produise, afin d’améliorer la prise de décision en situation de pression.

Alexander Procter

juillet 29, 2026

14 Min

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