L’adoption de l’IA dans le secteur de la santé progresse plus rapidement que la capacité des systèmes à l’intégrer
Le secteur de la santé arrive à un tournant décisif avec l’intelligence artificielle. Cette technologie évolue rapidement, car les cliniciens y trouvent une utilité immédiate. Les organisations, en revanche, ne suivent pas le même rythme. Cet écart a son importance. Lorsque les outils mis à disposition par un système de santé ne permettent pas de soutenir le travail clinique quotidien, les professionnels se tournent naturellement vers d’autres solutions.
Le rapport de Royal Philips le souligne clairement. Soixante-douze pour cent des professionnels de santé ont déclaré utiliser des outils d’IA personnels lorsque les solutions d’IA fournies par leur système de santé ne répondent pas à leurs besoins. Cela montre que la demande a pris de l’avance sur la préparation des organisations.
Pour les responsables du secteur de la santé, cela représente à la fois une opportunité et un risque. L’opportunité est évidente. L’IA peut améliorer la productivité, faciliter les décisions cliniques et réduire la charge administrative. Le risque réside dans le fait que les collaborateurs commencent à utiliser des outils d’IA accessibles au grand public en dehors des environnements approuvés. Cela soulève des défis en matière de confidentialité des patients, de sécurité, de conformité, de gouvernance et de cohérence. Même si les cliniciens utilisent ces outils de manière responsable à titre individuel, les établissements perdent toute visibilité sur la manière dont l’IA influence les décisions cliniques.
L’histoire montre que lorsqu’une technologie apporte une valeur ajoutée évidente, les utilisateurs n’hésitent pas à l’adopter. La meilleure approche consiste à mettre rapidement à disposition une IA sécurisée et adaptée aux entreprises, tout en mettant en place le cadre de gouvernance qui l’encadre. Les politiques doivent favoriser une innovation responsable plutôt que de s’y opposer. Si les systèmes approuvés sont faciles à utiliser, fiables et intégrés aux flux de travail existants, les cliniciens auront bien moins de raisons de rechercher des alternatives.
L’infrastructure doit également évoluer. L’IA fonctionne mieux lorsqu’elle a accès à des données cliniques connectées et s’intègre naturellement dans les systèmes existants, tels que les dossiers médicaux électroniques, les plateformes de documentation et les flux de travail diagnostiques. Le déploiement d’applications d’IA isolées peut générer des améliorations à court terme, mais il conduit rarement à une transformation à l’échelle de l’organisation. Les dirigeants devraient envisager une plateforme d’IA prenant en charge de multiples cas d’utilisation cliniques plutôt que d’acquérir des solutions ponctuelles déconnectées les unes des autres.
L’agilité organisationnelle constitue un autre aspect important à prendre en compte. Les cycles d’acquisition technologiques traditionnels peuvent s’avérer bien plus lents que le développement de l’IA. Au moment où un projet de grande envergure sera achevé, de nouvelles fonctionnalités pourraient déjà exister. Les systèmes de santé auront besoin de modèles de gouvernance permettant une évaluation continue, un déploiement contrôlé et des mises à jour régulières, sans compromettre la sécurité des patients ni la conformité réglementaire.
Le message sous-jacent de l’étude menée par Royal Philips est clair. L’adoption de l’IA n’est plus uniquement le fait des fournisseurs de technologies. Elle est portée par les cliniciens qui en constatent chaque jour l’utilité pratique. Les organisations capables de suivre ce rythme grâce à une gouvernance solide, une infrastructure sécurisée et un déploiement rapide seront mieux placées pour améliorer la qualité des soins, l’efficacité opérationnelle et la satisfaction du personnel.
Selon le rapport de Royal Philips, qui s’appuie sur des enquêtes menées entre février et avril 2026, 72 % des professionnels de santé ont recours à des outils d’IA personnels lorsque les solutions approuvées par le système de santé s’avèrent insuffisantes. Ce rapport s’appuie sur des enquêtes menées auprès de 202 professionnels de santé américains et de 2 000 patients américains. Ces résultats suggèrent que les établissements de santé devraient considérer la préparation à l’IA comme une priorité stratégique plutôt que comme une initiative technologique d’avenir.
L’IA améliore les processus cliniques, la prise de décision et le bien-être des professionnels de santé
Le débat sur l’IA dans le secteur de la santé porte souvent sur les possibilités futures. Ce qui importe davantage, c’est ce qui se passe déjà aujourd’hui. Les cliniciens utilisent l’IA pour accomplir plus rapidement leurs tâches courantes, prendre des décisions plus éclairées et consacrer davantage de temps aux activités qui requièrent une expertise humaine. Cette technologie s’intègre désormais à la pratique clinique quotidienne, au lieu de rester une technologie expérimentale.
Le rapport de Royal Philips montre que l’IA facilite un large éventail de tâches cliniques. Cinquante-deux pour cent des professionnels de santé utilisent l’IA pour transcrire des notes cliniques, ce qui réduit le temps consacré à la documentation. 46 % l’utilisent comme outil pour échanger des idées liées à leur travail, tandis que 45 % s’appuient sur elle pour obtenir des suggestions de diagnostics possibles en fonction des symptômes des patients. Par ailleurs, 44 % utilisent l’IA pour identifier les interactions médicamenteuses potentiellement dangereuses avant qu’elles ne compromettent la sécurité des patients.
Ces cas d’utilisation sont importants car ils répondent à de véritables défis opérationnels. Les tâches administratives sont devenues l’une des principales sources de frustration des professionnels de santé. La documentation à elle seule peut prendre plusieurs heures chaque jour, réduisant ainsi le temps disponible pour les soins aux patients. Lorsque l’IA automatise les tâches répétitives, les professionnels de santé peuvent consacrer davantage de temps au diagnostic, à la planification des traitements, à la communication avec les patients et à la formation continue. Cette évolution améliore à la fois la productivité et la qualité des soins.
Le rapport suggère également que l’IA renforce le jugement clinique plutôt que de le remplacer. Cinquante-huit pour cent des professionnels de santé ont déclaré que l’IA avait renforcé leur confiance dans la prise de décision clinique, tandis que 54 % ont indiqué prendre leurs décisions plus rapidement. Une prise de décision plus rapide n’a de valeur que si la qualité est préservée. Dans ce cas précis, les cliniciens semblent considérer l’IA comme une source d’informations supplémentaires qui vient étayer leur expertise plutôt que de s’y substituer.
La sécurité des patients est un autre domaine dans lequel l’IA apporte déjà une valeur ajoutée mesurable. Selon le rapport, 27 % des professionnels de santé ont déclaré que l’IA les avait aidés à identifier ou à prévenir une erreur médicale potentielle au moins trois fois au cours des trois derniers mois. Ce constat est significatif, car la réduction des erreurs évitables améliore les résultats pour les patients tout en diminuant les coûts financiers et opérationnels liés aux événements indésirables.
L’impact opérationnel va au-delà des praticiens individuels. Cinquante-huit pour cent des personnes interrogées ont fait état d’une amélioration de l’efficacité de leurs processus de travail, tandis que 36 % ont déclaré que l’IA leur avait permis d’augmenter leur capacité à prendre en charge davantage de patients. Partout dans le monde, les systèmes de santé continuent d’être confrontés à des pénuries de personnel, à une demande croissante de la part des patients et à des pressions financières. Les technologies qui permettent aux praticiens de prendre en charge davantage de patients sans compromettre la qualité des soins deviennent ainsi un atout stratégique majeur.
Le gain de temps génère également des avantages à long terme qu’il est facile de négliger. Près de la moitié des professionnels de santé, soit 49 %, ont déclaré gagner en moyenne 132 heures par an grâce à l’IA. Plus important encore, 61 % ont déclaré utiliser ce temps supplémentaire pour se tenir informés des avancées de la recherche et des développements cliniques. L’apprentissage continu est essentiel en médecine, où de nouvelles données et de nouvelles recommandations thérapeutiques apparaissent sans cesse. L’IA peut offrir aux cliniciens l’espace dont ils ont besoin pour actualiser leurs connaissances tout en faisant face à des charges de travail exigeantes.
Les avantages ne se limitent pas aux performances opérationnelles. Les établissements de santé sont confrontés depuis des années à des problèmes d’épuisement professionnel, de stress et de fidélisation du personnel. Le rapport révèle que 36 % des professionnels de santé ont constaté une diminution de leur niveau de stress après l’adoption de l’IA, tandis que 35 % ont fait état d’une amélioration de leur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Il s’agit là de résultats significatifs pour les dirigeants chargés de fidéliser des cliniciens qualifiés sur un marché du travail de plus en plus concurrentiel.
Pour les dirigeants, le message est clair. L’IA ne doit pas être considérée uniquement comme un investissement technologique. Elle doit également être perçue comme une stratégie de gestion des ressources humaines et une initiative d’amélioration opérationnelle. Le succès doit être mesuré à l’aune de résultats pertinents pour l’organisation, notamment la productivité du personnel soignant, la sécurité des patients, la qualité des soins, la fidélisation des employés et les performances financières. Les organisations qui se concentrent uniquement sur la mise en œuvre de l’IA sans mesurer ces résultats plus larges risquent de passer à côté d’une grande partie de sa valeur.
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Pour que l’intégration de l’IA soit couronnée de succès, il est indispensable de disposer d’un apprentissage solide et d’une supervision humaine continue
L’IA ne peut améliorer les soins de santé que si les personnes savent bien s’en servir. La technologie à elle seule ne suffit pas à garantir de meilleurs résultats. Les établissements ont besoin de professionnels de santé capables de déterminer quand faire confiance à l’IA, quand la remettre en question et comment l’utiliser de manière responsable dans le cadre de la pratique clinique. Cela nécessite des investissements dans la formation, la gouvernance et des normes opérationnelles claires.
Le rapport de Royal Philips montre que de nombreux professionnels de santé estiment ne pas bénéficier du soutien dont ils ont besoin. 77 % d’entre eux ont déclaré que la formation aux outils basés sur l’IA était inexistante, limitée ou incohérente. Ce déficit prend de plus en plus d’importance à mesure que l’IA passe d’un rôle de soutien administratif à des domaines qui influencent les décisions cliniques. Sans formation cohérente, il devient plus difficile de déployer à grande échelle les avantages de l’IA au sein d’une organisation.
La formation ne doit pas se limiter à l’apprentissage de l’utilisation d’une nouvelle application. Les professionnels de santé ont besoin de conseils pratiques pour évaluer les recommandations générées par l’IA, comprendre où des erreurs peuvent survenir, reconnaître les limites des différents modèles et documenter la manière dont l’IA contribue aux décisions cliniques. Ces compétences font désormais partie intégrante de la pratique clinique moderne et doivent être considérées comme un développement professionnel continu plutôt que comme une simple formation ponctuelle à la mise en œuvre.
Le rapport identifie plusieurs domaines prioritaires. Soixante-trois pour cent des professionnels de santé souhaitent bénéficier d’un soutien accru pour vérifier l’exactitude des recommandations issues de l’IA. Cela reflète une réalité importante. L’IA peut générer des suggestions utiles, mais celles-ci doivent tout de même faire l’objet d’une validation clinique. Les décisions médicales dépendent des antécédents du patient, de l’examen physique, des résultats de laboratoire, de l’imagerie et du jugement professionnel. L’IA apporte des informations supplémentaires, mais la responsabilité des soins prodigués au patient incombe toujours à l’équipe clinique.
La confiance technique constitue un autre défi. Plus de la moitié des personnes interrogées, soit 53 %, ont déclaré avoir besoin de compétences plus solides pour maîtriser efficacement les systèmes basés sur l’IA. Les environnements cliniques impliquent souvent l’utilisation de multiples plateformes numériques qui doivent fonctionner ensemble de manière efficace. Si l’IA ajoute à la complexité au lieu de la réduire, son adoption ralentira, quel que soit le niveau d’avancement de la technologie sous-jacente.
Les questions juridiques et réglementaires prennent également de plus en plus d’importance. Selon le rapport, 52 % des professionnels de santé souhaitent davantage de clarté concernant la responsabilité juridique lorsque l’IA est utilisée dans les soins cliniques. Les établissements de santé ne peuvent pas laisser ces questions sans réponse. Les dirigeants doivent mettre en place des politiques de gouvernance claires définissant les responsabilités, les processus d’approbation, les exigences en matière de documentation et les cas d’utilisation appropriés. Ces politiques doivent évoluer au fur et à mesure que la réglementation et les normes du secteur continuent de se développer.
La conclusion la plus marquante de ce rapport est sans doute l’importance qui continue d’être accordée à la supervision humaine. 93 % des professionnels de santé ont déclaré qu’il était essentiel de maintenir une implication humaine dans les soins assistés par l’IA. Cela reflète une compréhension concrète de la manière dont l’IA devrait être utilisée dans le domaine de la santé. Les environnements cliniques sont caractérisés par l’incertitude, l’évolution de l’état des patients et des décisions complexes qui nécessitent souvent un jugement allant au-delà de ce que les systèmes d’IA actuels sont en mesure d’offrir.
Les raisons qui sous-tendent ce point de vue sont tout aussi importantes. 76 % des personnes interrogées ont exprimé des inquiétudes quant aux erreurs potentielles de l’IA. 70 % ont souligné des performances inégales selon les contextes cliniques, et 67 % ont évoqué un manque de transparence dans la manière dont l’IA génère ses recommandations. Ces préoccupations ne signifient pas que l’IA manque de valeur. Elles soulignent l’importance de déployer l’IA dans un cadre comprenant une validation, un suivi et une évaluation continue.
Pour les dirigeants, cela signifie que la gouvernance doit bénéficier du même niveau d’attention que le déploiement technologique. Chaque système d’IA doit disposer d’indicateurs de performance clairs, faire l’objet d’un suivi continu de sa précision et de ses biais, être soumis à des audits réguliers et s’appuyer sur des processus de signalement et de correction des problèmes. Les organisations doivent également mettre en place des équipes de supervision pluridisciplinaires comprenant des cliniciens, des responsables technologiques, des spécialistes de la conformité, des experts juridiques et des professionnels de la cybersécurité. L’adoption de l’IA n’est plus une simple initiative informatique. Il s’agit d’une responsabilité à l’échelle de l’entreprise.
Les établissements de santé doivent également prendre conscience que la maîtrise de l’IA deviendra un avantage concurrentiel. À mesure que les capacités de l’IA continueront de s’améliorer, les établissements qui investiront dès maintenant dans la formation de leur personnel seront mieux à même d’adopter les nouvelles technologies de manière sûre et efficace. La formation doit devenir une démarche continue qui évolue au rythme de la technologie, plutôt qu’un projet ponctuel mené à bien lors de la mise en œuvre.
Point clé n° 4 : L’IA permet aux patients d’être mieux informés, mais les systèmes de santé doivent lutter contre la désinformation
Les patients commencent à recourir à l’intelligence artificielle avant même de consulter un professionnel de santé. Cela modifie considérablement l’expérience des soins de santé. Au lieu de se présenter avec peu d’informations, de nombreux patients arrivent désormais préparés, avec des questions, des explications possibles concernant leurs symptômes et une meilleure compréhension de leurs options thérapeutiques. Lorsque ces informations sont exactes, cela peut améliorer la communication et rendre les consultations plus productives.
Le rapport de Royal Philips suggère que cette évolution est déjà en cours. Quarante-sept pour cent des patients ont déclaré que l’IA les aidait à poser de meilleures questions lors de leurs consultations. Quarante-cinq pour cent ont ajouté que l’IA leur donnait le sentiment d’être mieux informés sur leur santé, tandis que 41 % ont indiqué qu’elle les aidait à mieux utiliser le temps passé avec les professionnels de santé. Ces résultats montrent que l’IA s’intègre désormais au parcours du patient, et ne se limite plus à un simple outil utilisé par les cliniciens.
Des patients mieux informés peuvent contribuer à l’amélioration des résultats en matière de santé. Les patients qui comprennent leur pathologie sont souvent mieux à même de parler de leurs symptômes, de suivre leur traitement, de détecter les changements dans leur état de santé et de participer à la prise de décision partagée. Cela peut renforcer la communication entre les patients et les professionnels de santé et favoriser des soins plus personnalisés.
Les professionnels de santé reconnaissent également cette tendance. Selon le rapport, 67 % d’entre eux estiment que les patients utilisant l’IA feront partie intégrante des futures équipes de soins. Cela reflète un changement important dans la manière dont les soins de santé sont dispensés. Les patients ne sont plus seulement les destinataires de conseils médicaux. Ils deviennent de plus en plus des participants actifs qui utilisent des outils numériques pour mieux comprendre et gérer leur santé.
Cependant, un accès accru aux informations générées par l’IA soulève également de nouveaux défis. Les systèmes d’IA peuvent produire des réponses inexactes, incomplètes ou obsolètes, en particulier lorsqu’ils ne sont pas reliés à des sources médicales validées ou lorsque les utilisateurs fournissent des informations incomplètes. Les patients ont souvent du mal à faire la distinction entre des conseils fiables et des recommandations erronées. Par conséquent, les cliniciens peuvent être amenés à consacrer un temps précieux lors de la consultation à corriger des informations erronées avant de pouvoir répondre aux besoins médicaux réels du patient.
Le rapport met en évidence l’ampleur de ce problème. Soixante-cinq pour cent des professionnels de santé ont déclaré avoir dû corriger des informations erronées générées par l’IA lors de consultations avec des patients. Bien que l’implication des patients soit globalement positive, ces informations erronées entraînent une charge de travail supplémentaire pour des équipes cliniques déjà très sollicitées et risquent de réduire les gains d’efficacité que l’IA est censée apporter.
Cela représente une responsabilité importante pour les établissements de santé. L’IA ne doit pas simplement être mise à la disposition des patients sans garanties appropriées. Les systèmes de santé peuvent améliorer les résultats en donnant accès à des outils d’IA fiables, reliés à des informations médicales fondées sur des données probantes, intégrés aux portails patients et adaptés aux processus cliniques. Cela permet d’offrir une expérience plus cohérente tout en réduisant le recours à des services d’IA publics non vérifiés.
Il existe également une opportunité d’améliorer la culture numérique en matière de santé. Les organisations qui sensibilisent les patients à l’utilisation responsable de l’IA, à la compréhension de ses limites et à la vérification des informations de santé importantes auprès de professionnels qualifiés peuvent réduire la désinformation tout en renforçant la confiance des patients. À mesure que l’IA se généralise, aider les patients à poser de meilleures questions pourrait devenir tout aussi important que de leur fournir de meilleures réponses.
Pour les dirigeants, l’IA au service des patients doit être considérée comme un atout stratégique plutôt que comme une simple fonctionnalité destinée aux consommateurs. Son succès doit être évalué à l’aune de l’amélioration de l’implication des patients, de leur satisfaction, des résultats cliniques, de la qualité des consultations et de l’efficacité opérationnelle. Les établissements qui investissent dans des solutions d’IA sécurisées et validées sur le plan clinique sont susceptibles de renforcer la confiance des patients tout en réduisant la charge de travail clinique superflue.
Malgré les inquiétudes liées à la désinformation, les professionnels de santé restent optimistes. Selon le rapport de Royal Philips, 72 % d’entre eux estiment que les avantages de l’IA l’emportent déjà sur les risques. Cela suggère qu’il ne faut pas chercher à limiter l’adoption de l’IA, mais plutôt à améliorer la manière dont celle-ci est mise en œuvre, régie et intégrée tant dans la pratique clinique que dans l’implication des patients.
Principaux enseignements pour les dirigeants
- Combler le fossé en matière de préparation à l’IA : les cliniciens adoptent l’IA plus rapidement que les établissements de santé ne peuvent l’accompagner, 72 % d’entre eux se tournant vers des outils d’IA personnels lorsque les options approuvées s’avèrent insuffisantes. Les dirigeants doivent accélérer le déploiement sécurisé de l’IA, sa gouvernance et l’intégration des systèmes afin de réduire l’« IA fantôme » tout en favorisant l’innovation.
- Développez l’IA là où elle apporte une valeur mesurable : l’IA contribue déjà à améliorer la documentation, la prise de décision clinique, l’efficacité des processus et le bien-être du personnel soignant. Donnez la priorité aux cas d’utilisation dont l’impact opérationnel et clinique a été démontré, et mesurez le succès à l’aune de résultats tels que la productivité, la sécurité des patients, la fidélisation du personnel et la qualité des soins.
- Investissez dans la gouvernance de l’IA et la préparation du personnel : la technologie à elle seule ne suffit pas. Mettez en place des formations à l’IA adaptées à chaque fonction, définissez clairement les responsabilités et les mécanismes de contrôle, et veillez à ce que les cliniciens participent à la validation des recommandations de l’IA afin de garantir une adoption sûre, conforme et fiable.
- Faites de l’IA au service des patients un atout stratégique : l’IA aide les patients à se présenter mieux informés, mais la désinformation reste un défi majeur. Proposez des outils d’IA validés sur le plan clinique, améliorez les compétences des patients en matière de santé numérique et intégrez une IA fiable dans les parcours de soins afin de renforcer leur implication sans alourdir la charge de travail des professionnels de santé.
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