NEC sépare la recherche quantique du développement informatique
NEC prévoirait de mettre fin à son programme de développement d’ordinateurs quantiques tout en poursuivant ses recherches dans le domaine, selon le média japonais The Mainichi. L’entreprise japonaise de services informatiques dissocie son activité de recherche de l’engagement à produire un ordinateur exploitable. Cette décision, selon les informations publiées, reflète deux préoccupations liées : la durée du développement et la difficulté à générer des revenus à partir de cette technologie.
Une longue période de développement complique la logique d’investissement de NEC
Le temps nécessaire pour construire une machine utile est au cœur de cette décision. Des sources anonymes de NEC ont indiqué à The Mainichi que le développement d’un ordinateur quantique adapté à un usage pratique prendrait au moins une décennie. Des dirigeants de NEC ont par ailleurs estimé que l’informatique quantique pratique et commerciale restait à plus de dix ans. Leur évaluation fait de cet engagement de développement un projet de long terme, l’usage pratique restant encore éloigné des travaux actuels de l’entreprise.
Les revenus posent un autre problème : des sources de NEC anticipent également des difficultés à monétiser la technologie, c’est-à-dire à en faire une activité rentable. La préoccupation liée à l’investissement, selon les informations publiées, va donc au-delà de l’achèvement de la machine et porte aussi sur la capacité à en tirer un retour commercial. Ensemble, la durée de développement attendue et la difficulté à générer des revenus expliquent pourquoi NEC se retire du développement d’ordinateurs tout en conservant la recherche.
Cette décision inverse les projets antérieurs de NEC d’investir davantage. Selon The Mainichi, trois ans plus tôt, l’entreprise évoquait ses avancées dans le quantique et ses projets d’accélération des investissements dans cette technologie. Ce retrait, selon les informations publiées, change cette orientation : NEC continuera d’étudier la technologie quantique, mais met fin au programme destiné à produire un ordinateur.
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La position concurrentielle de NEC façonne sa décision
La logique d’investissement dépend aussi de la position de NEC par rapport aux autres développeurs. Malgré ses premiers succès dans la technologie quantique, NEC est désormais distancé par ses concurrents japonais Fujitsu et Hitachi en matière d’avancées récentes, rapporte The Mainichi. Ses réalisations passées coexistent donc avec une position concurrentielle actuelle plus difficile. NEC prend sa décision alors que d’autres entreprises japonaises ont pris de l’avance.
D’autres entreprises technologiques cherchent également à renforcer leur position dans ce domaine. Nvidia et IBM cherchent toutes deux à consolider leur crédibilité dans le quantique, ce qui inscrit le retrait de NEC du développement à contre-courant d’un intérêt soutenu des entreprises ailleurs. Leurs ambitions montrent pourquoi la décision de NEC va à l’encontre de l’enthousiasme plus large pour l’informatique quantique, même si le temps et les dépenses nécessaires pèsent sur ses propres projets.
La reconnaissance scientifique et le financement public obéissent à des logiques différentes
Cet intérêt des entreprises s’accompagne d’une forte reconnaissance scientifique pour l’informatique quantique, qui reste un domaine de recherche de premier plan. Les pionniers du domaine ont reçu le prix Nobel de physique l’an dernier. La décision de NEC intervient dans ce contexte de reconnaissance : l’entreprise maintient la recherche tout en se retirant des travaux nécessaires à la construction d’une machine pratique.
L’investissement public ajoute une autre dimension à la décision de dépense. Le Japon devrait engager 10 000 milliards de yens (65,3 milliards de dollars) dans l’informatique quantique d’ici 2040, selon The Mainichi. Pourtant, cet engagement prévu reste nettement inférieur aux sommes investies par les États-Unis et la Chine. L’ampleur des dépenses internationales fait du niveau d’investissement requis un autre facteur à prendre en compte, aux côtés du temps de développement anticipé par NEC et de la difficulté à générer des revenus.
Ces engagements s’étendent sur une période durant laquelle la technologie quantique reste loin d’un usage généralisé. Bien que le domaine suscite l’attention depuis des années, l’intégration de cette technologie dans les usages quotidiens demeure une perspective lointaine. NEC pourrait donc être suivie par d’autres entreprises qui jugeront l’investissement nécessaire trop élevé.
Points clés à retenir pour les dirigeants
- Dissocier la recherche du développement produit : NEC prévoirait de mettre fin au développement d’ordinateurs quantiques tout en conservant la recherche. Les responsables de portefeuilles de R&D peuvent évaluer ces engagements séparément, en préservant le travail scientifique tout en réexaminant le coût de construction d’une machine commerciale.
- Tester la logique d’investissement commerciale : Des sources de NEC estiment qu’il faudra au moins une décennie pour développer des ordinateurs quantiques pratiques, avec des revenus également incertains. Les revues d’investissement doivent tenir compte à la fois des délais de livraison techniques et d’une trajectoire crédible vers des retours commerciaux.
- Intégrer la position concurrentielle : Le retrait de NEC, selon les informations publiées, fait suite aux avancées de ses rivaux japonais Fujitsu et Hitachi. Les décisions d’investissement dans le quantique doivent mettre en balance les capacités actuelles de l’entreprise avec le financement et le temps nécessaires pour être compétitif.
- Évaluer séparément le financement public : L’investissement quantique prévu par le Japon s’étend jusqu’en 2040, tandis que NEC réévalue son propre engagement de développement. Les décisions de financement des entreprises nécessitent des jalons propres à chaque société et des hypothèses de retour sur investissement, même lorsque le soutien public et la reconnaissance scientifique restent forts.
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