Les centres de données d’Amazon sont nettement plus économes en eau

Amazon s’est imposé comme un leader incontesté en matière de développement durable en réduisant considérablement la consommation d’eau dans l’ensemble de ses centres de données à travers le monde. L’entreprise fait état d’une amélioration de 52 % de l’efficacité de l’utilisation de l’eau au cours des cinq dernières années. Cette amélioration ne résulte pas de simples ajustements progressifs, mais de décisions d’ingénierie systémiques. Amazon recourt au « refroidissement par air libre » environ 90 % du temps, en aspirant l’air frais extérieur pour réguler les températures au lieu d’utiliser de l’eau. Lorsque les températures sont plus élevées, elle passe au refroidissement par évaporation, et les systèmes peuvent fonctionner à des seuils de température plus élevés, jusqu’à 85°F. Ces améliorations permettent à Amazon de réduire au minimum sa dépendance à l’eau sans compromettre les performances ni la stabilité.

Pour les dirigeants, cette approche va au-delà de la simple responsabilité environnementale ; il s’agit d’une stratégie opérationnelle qui concilie développement durable et performance. Réduire la dépendance vis-à-vis des systèmes de refroidissement à eau permet de limiter les contraintes liées à la chaîne d’approvisionnement, de réduire l’impact environnemental local et de renforcer la résilience dans les régions confrontées à une pression réglementaire croissante en matière d’utilisation de l’eau. Cela positionne également Amazon comme une référence en matière d’efficacité des ressources sur le marché des centres de données à très grande échelle.

Les indicateurs d’efficacité d’Amazon confirment la pertinence de cette initiative. En 2025, l’indice d’efficacité de la consommation d’eau (WUE) de l’entreprise s’élevait à 0,12 litre par kilowattheure (L/kWh). La moyenne du secteur est de 0,84 L/kWh, soit sept fois plus. Les concurrents sont à la traîne : Microsoft affiche 0,27 L/kWh, Meta 0,20 L/kWh et Google 1,15 L/kWh. Ces chiffres sont éloquents : Amazon ne se contente pas de réduire son empreinte environnementale, mais améliore également sa rentabilité opérationnelle à grande échelle.

Cet avantage en termes de performances revêt une importance capitale là où la pénurie d’eau détermine les politiques et les structures de coûts. À mesure que les gouvernements imposent des réglementations plus strictes et que les centres de données se développent pour prendre en charge des charges de travail basées sur l’IA, l’efficacité hydrique devient à la fois un avantage en termes de coûts et de conformité. Pour les responsables chargés de planifier les infrastructures numériques, le message est clair : l’avenir de l’informatique durable appartiendra à ceux qui conçoivent leurs systèmes dans une optique d’équilibre à long terme des ressources, et non pas uniquement dans une optique d’économies d’énergie.

Renforcement de la gestion responsable de l’eau grâce à la réutilisation et aux partenariats communautaires

Amazon ne se contente pas de l’efficacité opérationnelle. La prochaine étape de son programme de développement durable concerne la restitution de l’eau, c’est-à-dire le fait de restituer davantage d’eau à l’environnement et aux communautés qui soutiennent ses activités. L’entreprise indique qu’elle restitue désormais trois gallons d’eau pour chaque quatre gallons qu’elle utilise. Elle a déjà parcouru 75 % du chemin vers son objectif d’atteindre un bilan hydrique positif d’ici 2030, ce qui signifie restituer autant d’eau, voire davantage, qu’elle n’en consomme.

Il ne s’agit pas d’une simple mesure symbolique. Amazon a intégré de l’eau recyclée dans les systèmes de refroidissement de plus de 130 centres de données, dont 26 fonctionnent exclusivement à partir de sources recyclées. L’eau recyclée provient des stations d’épuration municipales et permet d’éviter de puiser dans les réserves d’eau potable, ce qui réduit la pression sur les communautés locales qui dépendent de ces réserves. L’entreprise soutient également le développement des programmes locaux de récupération d’eau, qui, ensemble, pourraient restituer plus de 5,8 milliards de gallons d’eau par an aux réseaux communautaires.

Pour les décideurs, il s’agit là d’un atout majeur pour garantir leur droit d’exercer leurs activités à long terme. Alors que les collectivités locales se montrent de plus en plus soucieuses de la protection des ressources naturelles, aligner les activités de l’entreprise sur les priorités régionales en matière de développement durable constitue la meilleure garantie dont une entreprise puisse disposer. Dans le cas d’Amazon, une gestion de l’eau centrée sur les communautés renforce sa réputation et réduit les conflits potentiels liés à l’utilisation des terres et des ressources. Cela témoigne d’une vision à long terme face à la surveillance croissante dont font l’objet les secteurs grands consommateurs d’eau, tels que l’informatique Cloud et les infrastructures d’intelligence artificielle.

Les dirigeants qui observent cette tendance devraient en prendre bonne note : la gestion responsable de l’eau devient un indicateur clé de la gestion des risques d’entreprise. Au-delà des rapports ESG, la capacité à démontrer des stratégies proactives en matière d’eau, en phase avec les attentes des communautés, influencera bientôt les décisions d’investissement, les opportunités de partenariat et l’octroi des autorisations d’exploitation locales. Le rôle de pionnier d’Amazon en matière de récupération et de restitution de l’eau lui confère un avantage non seulement auprès de ses clients, mais aussi auprès des autorités réglementaires et des communautés, qui attendent de plus en plus une réciprocité concrète de la part des grands opérateurs.

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Les nuances de la mesure et le contexte de l’efficacité environnementale

Les chiffres communiqués par Amazon concernant l’efficacité hydrique sont impressionnants, mais pour bien comprendre ce qu’ils représentent réellement, il faut clarifier la manière dont ces indicateurs sont définis. Le chiffre phare de l’entreprise, à savoir 0,12 litre d’eau par kilowattheure (L/kWh), correspond à l’indice d’efficacité de l’utilisation de l’eau (WUE), une norme créée par le Green Grid pour évaluer la quantité d’eau utilisée pour le refroidissement par rapport à la puissance de calcul. Cependant, ces mesures peuvent varier considérablement d’une entreprise à l’autre. Certaines incluent l’eau utilisée pour la production d’électricité, tandis que d’autres ne la prennent pas en compte. L’inclusion ou l’exclusion de l’eau recyclée influe également sur ces chiffres.

Matt Kimball, vice-président et analyste principal chez Moor Insights & Strategy, reconnaît que l’approche et les résultats d’Amazon sont crédibles, soulignant que les gains techniques et opérationnels sont bien réels. Il insiste toutefois sur la nécessité d’une interprétation prudente. Il souligne que le « Power Usage Effectiveness » (PUE) d’Amazon — un autre indicateur du secteur — se situe autour de 1,15, ce qui montre que les économies d’eau ne se font pas au détriment d’une consommation énergétique plus élevée. Cela reflète une approche équilibrée entre ces deux indicateurs environnementaux essentiels : l’énergie et l’eau.

Pour les dirigeants, le point essentiel à retenir est que la performance en matière de développement durable ne se résume pas à atteindre un chiffre bas, mais consiste également à garantir la cohérence méthodologique et la transparence. Comparer les entreprises entre elles sans comprendre comment les indicateurs sont calculés peut facilement induire les parties prenantes en erreur ou donner une image faussée de l’impact. Le climat et la géographie compliquent encore davantage le tableau : les centres de données construits dans des régions tempérées peuvent plus facilement réduire leur consommation d’eau que ceux situés dans des zones plus chaudes ou plus humides.

Les dirigeants d’entreprise devraient réfléchir à la manière dont les facteurs propres à chaque lieu et la transparence des mesures influencent à la fois les performances et la perception. Sur des marchés soumis à une pression réglementaire croissante, la précision des rapports de développement durable peut devenir un facteur de différenciation pour gagner la confiance des parties prenantes et attirer les investissements. Il ne s’agit pas seulement d’une question de conformité technique, mais d’une clarté stratégique qui renforce la crédibilité à long terme.

Les techniques de pointe ne constituent pas un avantage concurrentiel ; ce sont la mise en œuvre, l’échelle et l’innovation qui font la différence

Les méthodes de refroidissement d’Amazon — refroidissement par air libre, refroidissement par évaporation et seuils de fonctionnement à des températures plus élevées — témoignent d’une ingénierie de pointe, mais aucune n’est propre à Amazon. Ces technologies sont désormais incontournables dans l’exploitation des centres de données hyperscale. Microsoft, Google et Meta ont tous mis en œuvre des méthodes similaires. Microsoft investit massivement dans des systèmes de refroidissement en circuit fermé afin de réduire les pertes par évaporation. Google utilise l’intelligence artificielle pour optimiser le refroidissement de ses centres de données en temps réel, en ajustant dynamiquement le débit d’air et la température. Meta, quant à elle, continue de s’appuyer sur le refroidissement par air extérieur sur plusieurs sites afin de réduire à la fois sa consommation d’eau et d’énergie.

Matt Kimball, de Moor Insights & Strategy, fait remarquer que, bien qu’Amazon figure parmi les entreprises les plus avancées dans la mise en œuvre de ces approches, son avantage ne réside pas dans le fait de disposer d’une technologie exclusive. Il découle de son envergure, d’une exécution cohérente à l’échelle mondiale, de la diversification de ses sites et d’une culture d’ingénierie dynamique qui favorise les itérations rapides. La capacité d’Amazon à s’adapter et à déployer ses solutions à grande échelle lui permet de tirer le meilleur parti de techniques bien connues que d’autres continuent encore à perfectionner ou à tester à l’échelle régionale.

Pour les dirigeants, la différence réside dans la discipline opérationnelle et l’intégration. Les entreprises qui progressent le plus rapidement en matière de développement durable sont celles qui parviennent à intégrer l’efficacité hydrique et énergétique au cœur de leurs processus de conception et de construction, et non pas simplement à moderniser les systèmes existants. Le rythme d’exécution d’Amazon, associé à l’ampleur de son infrastructure, lui confère à la fois une dynamique d’innovation et un effet de levier sur les coûts, une combinaison qui lui permet de conserver son avantage concurrentiel alors que les réglementations environnementales se durcissent à l’échelle mondiale.

Les dirigeants doivent prendre conscience que, dans cette phase de la concurrence en matière d’infrastructures, l’enjeu réside moins dans l’innovation que dans la précision. Il s’agit de déterminer qui est capable d’appliquer des principes établis à la plus grande échelle et avec la plus grande cohérence. Ceux qui parviendront à trouver ce juste équilibre, en développant l’innovation tout en maîtrisant la complexité opérationnelle, donneront le ton pour la prochaine génération d’environnements informatiques durables et hautement performants.

La transparence et la communication d’informations au public en tant que leviers stratégiques de compétitivité

La transparence façonne désormais la prochaine phase de la concurrence sur le marché des infrastructures cloud et d’intelligence artificielle. Pour les grands opérateurs, la capacité à communiquer publiquement sur leur consommation d’eau, leurs méthodes de refroidissement et leurs progrès en matière de développement durable devient aussi importante que les performances technologiques. Sanchit Vir Gogia, analyste en chef chez Greyhound Research, le souligne clairement : « L’efficacité hydrique est devenue un enjeu majeur de la concurrence dans le secteur de l’hyperscale, et non plus une simple note de bas de page. »

Le moment choisi par Amazon pour publier ses indicateurs de développement durable est remarquable. L’entreprise a publié ses données détaillées sur la consommation d’eau à peine deux jours après que Seattle, sa ville d’origine, a annoncé un moratoire d’un an sur la construction de nouveaux grands centres de données en raison de préoccupations liées à l’eau. Des restrictions similaires existent dans plus de 70 juridictions américaines, et la Commission européenne élabore actuellement ses propres normes d’efficacité, qui incluent des critères relatifs à la consommation d’eau. En prenant les devants sur ces évolutions, Amazon renforce sa position auprès des autorités de régulation et consolide sa réputation d’opérateur respectueux de l’environnement.

Le secteur s’engage dans cette voie. Microsoft s’est engagé à publier des données régionales sur la consommation d’eau pour chaque centre de données aux États-Unis, et Equinix communique des chiffres détaillés sur l’ensemble de son portefeuille : 0,91 L/kWh en moyenne et 1,41 L/kWh pour les sites équipés d’un système de refroidissement par évaporation. Ces entreprises comprennent que la transparence renforce la confiance des régulateurs, des clients et des communautés locales. M. Gogia prévoit également que, d’ici 12 à 24 mois, les données relatives à la consommation d’eau deviendront une exigence standard dans les processus d’appel d’offres pour les infrastructures, et que la transparence pourrait être déterminante pour l’attribution des grands contrats d’entreprise.

Pour les dirigeants, le message est clair : la transparence n’est plus une option. Les entreprises qui communiquent ouvertement leurs données régionales en matière de développement durable, notamment concernant les sources d’eau, les prélèvements et les plans d’urgence, en tirent un avantage stratégique. Une transparence totale facilite l’obtention plus rapide des autorisations, réduit les frictions avec les autorités locales et renforce la crédibilité sur les marchés soucieux de l’environnement. Celles qui tardent à opérer ce changement risquent de se heurter à des contraintes opérationnelles et de subir des coûts en termes de réputation, alors que les attentes en matière de développement durable ne cessent de se renforcer à l’échelle mondiale.

L’influence croissante de l’IA sur la planification des infrastructures et la gestion de l’environnement

L’intelligence artificielle redéfinit l’économie et l’empreinte écologique des infrastructures modernes. À mesure que les charges de travail liées à l’IA gagnent en densité, les besoins thermiques et de refroidissement des serveurs augmentent considérablement. Cela accentue la consommation d’énergie et d’eau dans les centres de données. Matt Kimball, de Moor Insights & Strategy, souligne que les charges de travail d’entreprise traditionnelles et les clusters d’IA haute performance génèrent des profils thermiques totalement différents, ce qui modifie considérablement les stratégies de refroidissement. Le secteur réagit en adoptant plus rapidement des systèmes de refroidissement par liquide capables de gérer ces conditions avec une plus grande efficacité.

Le défi pour les responsables des infrastructures réside dans le fait que la disponibilité de l’eau influence désormais les emplacements où de nouveaux centres de données peuvent être construits et exploités efficacement. Les municipalités se montrent de plus en plus prudentes quant à l’approbation de projets grands consommateurs d’eau, et les communautés s’expriment de plus en plus ouvertement sur les impacts environnementaux. Ces contraintes affectent les calendriers d’expansion, la planification des capacités et les structures de coûts. Sanchit Vir Gogia souligne ce changement de perspective : les centres de données constituent désormais des « infrastructures civiques », et non plus des actifs invisibles. Leur fonctionnement s’intègre désormais dans le cadre social et environnemental des régions où ils sont implantés.

Pour les dirigeants, cela signifie que la stratégie en matière d’infrastructures doit évoluer. La consommation d’eau, le bilan énergétique et l’impact environnemental local doivent être pris en compte dès les premières étapes de la planification, plutôt que d’être considérés comme de simples cases à cocher pour se conformer à la réglementation. Le reporting en matière de développement durable ne relève plus uniquement de l’image de marque : il influence directement la résilience opérationnelle, la confiance des investisseurs et l’acceptation par les autorités réglementaires.

La conclusion de M. Gogia résume clairement la voie à suivre : « L’avenir des infrastructures d’IA dépendra autant de la gestion responsable des ressources que des capacités techniques. » Pour les décideurs, la réussite dépendra de leur capacité à trouver un équilibre entre les objectifs de performance et une gestion responsable des ressources. Ceux qui considéreront la durabilité comme une obligation opérationnelle, et non comme un simple geste symbolique, conserveront à la fois la confiance des autorités réglementaires et leur viabilité commerciale à long terme.

Principaux enseignements pour les dirigeants

  • Les centres de données d’Amazon établissent une nouvelle référence en matière d’efficacité hydrique : Amazon annonce une efficacité hydrique sept fois supérieure à la moyenne du secteur, grâce au refroidissement à l’air libre, aux systèmes d’évaporation et à des seuils de température plus élevés. Les dirigeants devraient y voir un modèle à suivre pour intégrer l’efficacité dans la conception des infrastructures.
  • La gestion responsable de l’eau constitue désormais un atout stratégique : en restituant trois gallons d’eau pour chaque quatre gallons consommés et en visant un bilan hydrique positif d’ici 2030, Amazon associe le développement durable à l’intérêt de la communauté. Les dirigeants devraient envisager des partenariats similaires afin de renforcer les relations locales et d’assurer la résilience opérationnelle.
  • La transparence des mesures est gage de crédibilité : les différences dans la manière dont les entreprises calculent l’efficacité de l’utilisation de l’eau (WUE) et l’efficacité de l’utilisation de l’énergie (PUE) nuisent à la comparabilité. Les dirigeants doivent mettre en place en interne des indicateurs clairs et normalisés afin de garantir que leurs affirmations en matière de développement durable résistent à un examen minutieux.
  • En matière d’innovation durable, la mise en œuvre prime sur l’exclusivité : les gains d’efficacité d’Amazon découlent de son envergure et d’une mise en œuvre rigoureuse plutôt que d’une technologie exclusive. Les décideurs devraient privilégier la mise en œuvre cohérente et à l’échelle mondiale de solutions éprouvées plutôt que de se lancer à la poursuite de méthodes novatrices mais non testées.
  • La transparence devient le nouveau facteur de différenciation : la publication d’informations sur la consommation d’eau et les données régionales en matière de développement durable influe désormais sur la compétitivité et la confiance des autorités de régulation. Les dirigeants devraient intégrer la transparence dans leurs cadres de gouvernance afin d’accélérer l’octroi des autorisations et de renforcer la confiance des parties prenantes.
  • La croissance de l’IA accentue les défis liés aux ressources : l’augmentation des charges de travail liées à l’IA intensifie les besoins en refroidissement et en eau, ce qui met à rude épreuve la planification des infrastructures. Les dirigeants doivent tenir compte des contraintes en matière de ressources lors du choix des sites, dans leurs modèles d’investissement et dans leurs stratégies de capacité à long terme afin d’assurer une croissance responsable.

Alexander Procter

juin 17, 2026

17 Min

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