Microsoft veut que Fabric gouverne le travail agentique
Microsoft veut que les responsables technologiques des entreprises donnent à Fabric un rôle plus important dans l’IA agentique, où des agents logiciels exécutent des tâches sous des contrôles organisationnels. Ses annonces lors de la conférence européenne Microsoft Fabric + SQL Community Conference à Barcelone étendent la plateforme de données à l’ingénierie déléguée, au développement d’applications, à la supervision opérationnelle, à l’administration des bases de données et au partage entre organisations. Pour les DSI et les responsables de l’ingénierie, la décision porte sur la part d’exécution et de supervision à placer dans cette plateforme.
L’argumentaire de Microsoft commence par la préparation des données de l’organisation afin que les agents puissent les comprendre et les utiliser. « Nous allons beaucoup parler de la manière dont vous préparez votre patrimoine de données pour réellement fournir le contexte permettant aux agents IA de vous aider à transformer l’organisation », a déclaré Amir Netz, CTO of Azure Data chez Microsoft, à CIO.com la semaine précédant les annonces. Microsoft considère que la transformation agentique des entreprises est déjà en cours et en tire un bénéfice commercial lorsque les organisations choisissent Fabric pour ce travail. L’explication de Netz précise le rôle que Microsoft veut faire jouer à sa plateforme.
Ce rôle relie la signification des données au contrôle de leur utilisation. « Fabric devient le point central de tout ce qui concerne les données chez Microsoft et de tout ce qui relève du contexte fondé sur les données », a déclaré Netz. Les annonces traduisent cette ambition en plusieurs responsabilités : les ingénieurs attribuent des tâches délimitées aux agents, les développeurs créent des applications aux côtés de données gouvernées, et les administrateurs supervisent des ressources qui peuvent rester en dehors de Fabric. Chacune exige une décision sur ce que la plateforme doit exécuter ou gérer.
Les agents d’ingénierie ont besoin de missions claires et de limites
Les évolutions d’ingénierie de Microsoft commencent avec la technologie d’Osmos, l’entreprise d’ingénierie des données basée sur l’IA qu’elle a acquise en janvier. Cette technologie sous-tend les nouvelles fonctionnalités d’ingénierie agentique de Fabric, qui utilisent des agents pour préparer des données brutes pour l’analytique et l’IA dans OneLake, le lac de données central de Fabric. Les ingénieurs précisent le résultat attendu et les limites dans lesquelles l’agent peut travailler.
Une fois ces instructions définies, l’agent exécute la tâche de manière autonome, vérifie ses résultats et révise son approche. La validation fait partie de l’exécution : l’agent évalue si son travail répond à la mission avant de l’affiner. Une équipe d’ingénierie doit donc définir à la fois l’actif de données souhaité et les contraintes de sa production. L’évaluation peut ensuite vérifier si l’agent accomplit la mission avec précision dans ces limites.
Netz attribue la précision du système à la technologie d’Osmos. « Ils ont cette recette secrète qui permet d’obtenir une très grande précision de la part des agents dans des projets d’ingénierie des données très complexes, ce qu’on ne peut pas obtenir simplement en demandant à Claude de le faire à votre place », a-t-il déclaré. Puisque Claude est une option concurrente pour ce travail, il s’agit d’une affirmation concurrentielle de la part de Microsoft. Son argument place le processus d’exécution, de vérification et de révision au centre du travail d’ingénierie complexe.
Netz étend la comparaison à d’autres systèmes commerciaux : « Peu importe la qualité de construction de votre prompt, ce ne sera pas suffisant. Le niveau de précision que nous obtenons avec cette technologie Osmos est nettement supérieur à celui de tout autre système agentique disponible dans le commerce provenant des meilleurs frontier labs. » Les équipes qui envisagent cette délégation doivent vérifier si cette précision répond à leurs exigences d’ingénierie. Des missions représentatives doivent solliciter l’ensemble du processus, y compris la validation et la révision par l’agent de son résultat.
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Le développement d’applications implique des décisions d’hébergement et d’accès
L’ingénierie déléguée prépare les données à l’usage ; le développement d’applications détermine comment les utilisateurs et les logiciels agissent sur elles. Fabric Apps de Microsoft prend en charge cette étape suivante via Rayfin, le kit de développement logiciel open-source et l’interface en ligne de commande dévoilés lors de Microsoft Build 2026 en juin. Un kit de développement logiciel fournit des outils pour créer des applications, tandis qu’une interface en ligne de commande permet aux développeurs d’utiliser des outils au moyen de commandes saisies. Microsoft cherche à rapprocher le développement d’applications assisté par l’IA des données déjà gouvernées dans Fabric.
Dans cet environnement, Fabric Apps prend en charge la connectivité aux données, les charges de travail transactionnelles, la logique backend, le stockage et l’accès contrôlé par des politiques. Les transactions exécutent les opérations de l’application, la logique backend détermine le comportement de l’application et le stockage conserve les données. Les politiques d’accès régissent qui peut utiliser les données et fonctions concernées. Ensemble, ces capacités donnent aux développeurs les composants nécessaires pour relier l’action d’un utilisateur à un travail sur des données gouvernées.
Netz affirme que ce périmètre couvre l’interface de l’application et les processus qui la sous-tendent. « Il ne s’agit pas seulement des données elles-mêmes », a déclaré Netz. « Vous pouvez créer l’application entière, y compris les pages web, les processus métier, les fonctions, et vous pouvez la créer de bout en bout dans Fabric. Vous n’avez pas besoin de déployer des conteneurs. C’est entièrement hébergé, entièrement géré, entièrement gouverné, uniquement Fabric. » La proposition commerciale de Microsoft inclut donc aussi l’exécution de l’application une fois que les développeurs l’ont créée.
Cela modifie le passage de relais entre développement et opérations, car les équipes peuvent créer des pages, des processus et des fonctions sans déployer séparément des conteneurs, ces packages logiciels couramment utilisés pour exécuter des applications. Fabric fournit l’hébergement, la gestion et la gouvernance de cet environnement. Les responsables de l’ingénierie doivent décider si cette organisation convient aux exigences de leur application en matière d’exécution, de stockage et d’accès. La précision des agents répond à une question distincte sur la qualité du travail délégué ; la gestion des applications fixe les conditions dans lesquelles ce travail s’exécute.
La visibilité en production doit suivre les agents jusque dans le code
Une fois qu’une application est en cours d’exécution, ses opérateurs doivent comprendre comment ses actions produisent un résultat ou un échec. La nouvelle capacité Observability in Fabric de Microsoft répond à ce besoin : l’observabilité désigne la capacité à inspecter l’activité d’un système suffisamment en détail pour comprendre son comportement et enquêter sur les problèmes. Microsoft la présente comme un support aux opérations proactives, permettant aux équipes d’examiner des problèmes en cours d’apparition et de déclencher des réponses.
L’investigation commence avec Monitor Hub, qui combine des vues sur les jobs, les capacités, les workspaces et les workloads. Celles-ci couvrent les tâches d’exécution individuelles, les ressources de calcul dont elles disposent, les espaces où les équipes organisent le travail et le travail que ces ressources prennent en charge. Microsoft rassemble ces vues afin que les opérateurs puissent examiner un job dans son environnement global. Ce contexte aide à relier le comportement d’une application aux ressources et aux activités impliquées.
À partir de cette vue, les agents d’exploitation et Activator aident les équipes à enquêter sur les incidents, à utiliser l’IA pour identifier les causes racines et à automatiser les réponses. La séquence est importante, car une réponse automatisée modifie le système en cours d’exécution sur la base des conclusions de l’enquête. Les équipes doivent donc examiner comment un événement observé conduit à un diagnostic puis à une action. Les opérateurs ont besoin d’une visibilité suffisante pour superviser l’ensemble du processus.
Netz affirme que cette visibilité prend en charge à la fois le développement et la production : « L’observabilité est nécessaire pour que les équipes puissent à la fois déboguer leurs projets et gérer les projets après leur mise en production. » Avant la mise en production, les ingénieurs cherchent à comprendre pourquoi un projet se comporte différemment de ce qu’ils avaient prévu. Après la mise en production, les opérateurs examinent le comportement tout en gérant un système déjà utilisé. Le suivi de l’exécution soutient ces deux responsabilités, même si les conséquences d’une intervention diffèrent.
Pour les applications agentiques, suivre l’exécution signifie aussi tracer le code qu’un agent invoque. « Cela couvre à la fois les agents et le code, parce que vous avez des agents qui vont appeler du code, et vous devez disposer de l’intégralité du parcours de la logique et de l’exécution de bout en bout », a déclaré Netz. Une investigation doit relier l’activité d’un agent au code qu’il appelle et au résultat qui en découle. Les équipes d’ingénierie peuvent tester cette visibilité en retraçant des chemins d’exécution représentatifs, y compris le passage de relais d’un agent vers le code.
La supervision des bases de données s’étend à tous les environnements
L’exécution des applications constitue une responsabilité opérationnelle ; les bases de données qui soutiennent une organisation en créent une autre. Database Hub de Microsoft dans Fabric, disponible en préversion publique, offre un plan de contrôle central, c’est-à-dire une interface de gestion partagée pour superviser les ressources. Il couvre SQL Server, Azure SQL, PostgreSQL, Cosmos DB et les bases de données SQL dans Fabric. Microsoft propose d’utiliser cette interface pour centraliser la surveillance et la gouvernance sur l’ensemble de ces offres.
Cette portée administrative s’étend aux bases de données dans Azure et dans les environnements on-premises, où les organisations exploitent des systèmes sur leur propre infrastructure. Les administrateurs peuvent découvrir, surveiller, gérer et administrer ces bases de données avec l’aide d’agents. L’emplacement de l’interface de gestion constitue donc une décision distincte de l’emplacement des bases de données qu’elle supervise. Fabric Apps concerne la construction et l’hébergement des applications, tandis que Database Hub donne à Fabric une portée administrative sur d’autres environnements.
Netz présente cette portée comme une extension de la vocation existante de Fabric : « Fabric a toujours consisté à unifier tous les services de données, à unifier toutes les données et à réunir les utilisateurs en un seul endroit. Désormais, il unifie aussi l’inventaire complet des bases de données, à la fois dans Azure et on-premises, en un seul endroit. Vous pouvez trouver toutes vos bases de données, les surveiller, les gérer, les administrer, et faire tout cela avec l’aide d’un agent. » Sa description inscrit l’administration des bases de données dans l’effort plus large de Microsoft visant à étendre le rôle de Fabric.
Pour une organisation qui envisage ce rôle, le test immédiat consiste à vérifier si Database Hub couvre les bases de données et les tâches administratives que ses équipes doivent gérer. Les administrateurs doivent comparer les cinq offres de bases de données citées avec leur inventaire et examiner comment l’assistance d’agents s’intègre à leurs responsabilités. Le statut de préversion publique compte également au moment de décider quel travail administratif placer sous la nouvelle interface.
Les agents interorganisationnels ont besoin d’un contexte métier partagé
La supervision à travers les environnements techniques mène à une autre frontière : le travail impliquant des organisations distinctes. Microsoft y répond avec IQ Share, qui permet aux organisations de partager des données de manière sécurisée avec leur contexte métier tout en conservant la gouvernance. Les destinataires peuvent inclure des agents extérieurs à l’organisation qui détient les données. Ces agents ont besoin à la fois de l’autorisation d’utiliser l’information et d’un contexte suffisant pour l’interpréter dans le cadre du travail prévu.
IQ Share propose d’emporter ce contexte avec les données partagées. Netz décrit un scénario à deux parties : « Les agents travaillent sur la même copie dans les deux organisations et le contexte l’accompagne afin que les agents des deux côtés puissent réellement comprendre la signification des données. » La copie commune fournit une référence partagée, tandis que le contexte qui l’accompagne explique ce que signifie l’information. La proposition de Microsoft est que les agents de chaque côté puissent utiliser les deux dans le cadre de la gouvernance attachée à l’échange.
Pour les responsables technologiques et data, une décision de partage dépend donc de la manière dont l’agent destinataire interprète l’information. Une évaluation doit suivre la tâche conjointe prévue et vérifier si le contexte partagé préserve la signification organisationnelle nécessaire à son exécution. Les agents des deux organisations doivent être capables d’accomplir ce travail à partir des données communes tout en respectant les conditions qui régissent leur utilisation.
Points clés à retenir pour les décideurs
- Tester l’ingénierie déléguée sur des missions réelles : Les équipes d’ingénierie qui évaluent les agents de Fabric basés sur Osmos doivent définir les limites des tâches et tester l’ensemble du processus d’exécution, de validation et de révision. Les affirmations de Microsoft sur la précision doivent être vérifiées sur des workloads représentatifs.
- Évaluer l’hébergement des applications en même temps que le développement : Fabric Apps intègre la logique applicative, le stockage et l’accès contrôlé par des politiques dans un environnement géré par Microsoft. Les responsables de l’ingénierie doivent déterminer si cette organisation répond à leurs exigences en matière d’exécution, d’accès et d’exploitation.
- Tracer les agents à travers le code et les réponses automatisées : Les équipes d’exploitation qui évaluent l’observabilité de Fabric doivent suivre l’activité des agents jusqu’à l’exécution du code et relier les diagnostics aux actions qui en résultent. Tester ces parcours permet d’établir si les opérateurs disposent d’une visibilité suffisante pour superviser le travail en production.
- Faire correspondre la supervision des bases de données aux besoins administratifs : Les administrateurs de bases de données qui évaluent la préversion publique de Database Hub doivent comparer ses offres prises en charge et ses fonctions de gestion avec leur inventaire. Fabric peut centraliser la supervision tandis que les bases de données restent dans Azure ou on-premises.
- Valider le contexte au-delà des frontières organisationnelles : Les propriétaires de données qui évaluent IQ Share doivent vérifier si des agents externes interprètent correctement les données partagées et respectent leurs conditions de gouvernance. Une tâche conjointe représentative peut établir si le contexte métier qui accompagne les données soutient le travail prévu.
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