Les investissements dans l’IA progressent plus rapidement que le développement des compétences des salariés, ce qui pose des défis en matière de retour sur investissement
Les dépenses en IA augmentent plus rapidement que la plupart des entreprises ne parviennent à former leur personnel. De nombreuses organisations investissent massivement dans des systèmes de pointe, mais les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. Les employés passent souvent trop de temps à gérer les outils d’IA au lieu de les utiliser pour obtenir de meilleurs résultats. Lorsque l’adoption devance la compréhension, l’efficacité diminue, tout comme la confiance dans la valeur de cette technologie.
Les dirigeants doivent considérer cela moins comme un problème technologique que comme un enjeu de compétences. Ce n’est pas le système lui-même qui constitue le goulot d’étranglement, mais le savoir-faire humain. Si les collaborateurs ne disposent pas de la formation adéquate pour intégrer l’IA à leur flux de travail, chaque nouvelle plateforme ou mise à jour ne fait qu’ajouter à la complexité. Le véritable avantage concurrentiel réside dans l’évolution conjointe des personnes et des systèmes.
C’est là que l’engagement de la direction joue un rôle essentiel. Instaurer une culture favorisant un apprentissage rapide et continu permet d’éviter que les organisations ne se retrouvent à la traîne par rapport à leurs propres investissements. Plutôt que de se contenter de sessions de formation ponctuelles, l’apprentissage doit s’intégrer au travail quotidien : il doit être simple, accessible et directement lié aux résultats.
Selon le rapport Randstad Digital 2023, 27 % des employés du secteur des services informatiques ont le sentiment d’être déjà à la traîne en matière de formation. Ce chiffre reflète un problème plus général : la plupart des entreprises n’ont pas encore mis en place l’infrastructure d’apprentissage dynamique nécessaire pour suivre le rythme de l’évolution de l’IA. Le message adressé aux dirigeants est clair : il faut aligner la formation sur les investissements, sous peine de voir les retours sur investissement diminuer.
Une formation adaptative, spécifique à chaque fonction et intégrée est essentielle pour optimiser le retour sur investissement de l’IA
Les systèmes traditionnels de formation en entreprise évoluent trop lentement pour l’IA. Les bilans trimestriels des compétences fonctionnaient lorsque les technologies évoluaient à un rythme modéré, mais l’IA n’attend pas. L’apprentissage doit désormais se faire en continu, directement au cœur des flux de travail, et être étroitement axé sur chaque fonction. Un modèle de formation « universel » est un gaspillage de temps et d’opportunités.
Les programmes de formation adaptatifs, qui évoluent en temps réel, permettent aux collaborateurs d’acquérir les connaissances pertinentes au moment où elles sont le plus nécessaires. Il s’agit là d’une intégration plus intelligente. Lorsque les collaborateurs acquièrent de nouvelles compétences dans le cadre de leur quotidien, leur productivité, leur confiance en eux et leur capacité d’innovation s’en trouvent renforcées. Les évaluations de performance et la planification de carrière devraient inclure le renouvellement des compétences comme critère standard de réussite. Ce changement de mentalité transforme la formation, qui passe d’une obligation à un élément central de la croissance et de la prise de décision.
Les DSI jouent un rôle majeur dans cette évolution. Ils doivent déterminer s’il est judicieux de développer en interne des modules de formation sur mesure ou si l’externalisation s’avère plus efficace. Quelle que soit la voie choisie, la formation doit devenir une composante intégrée de l’architecture technologique.
M. Morris, qui a apporté son expertise au rapport Randstad Digital, l’a clairement exprimé : le perfectionnement des compétences est « une infrastructure essentielle à l’entreprise, qui fait partie intégrante de votre pile technologique et n’en est pas dissociée ». Pour les dirigeants d’entreprise, c’est là un rappel des plus concrets : la mise en place de systèmes performants n’a aucun sens si vos équipes ne parviennent pas à suivre le rythme. L’avenir appartient aux organisations qui font de la formation continue une activité aussi courante que le codage ou le déploiement de systèmes.
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La culture d’entreprise est un facteur déterminant dans la réussite de la mise en œuvre de l’IA
La technologie à elle seule ne garantit pas le succès. Les organisations qui tirent pleinement parti de l’IA y parviennent parce que leur culture favorise l’apprentissage, l’expérimentation et l’adaptation. Un environnement de travail qui encourage les collaborateurs à remettre en question, à tester et à s’adapter en temps réel a bien plus de chances de tirer pleinement parti des nouvelles technologies. Il ne suffit pas d’installer des systèmes de pointe ; les collaborateurs doivent avoir l’état d’esprit et la liberté nécessaires pour les utiliser de manière créative et en toute confiance.
Les dirigeants doivent s’attacher à créer un environnement où l’amélioration continue est la norme. Lorsque les dirigeants considèrent l’apprentissage comme une fonction opérationnelle essentielle, les équipes s’alignent naturellement sur les progrès et les objectifs. Une culture d’entreprise bien ancrée accélère l’adoption de ces pratiques dans l’ensemble de l’organisation. Les collaborateurs deviennent plus ouverts à l’utilisation de l’IA, plus engagés et plus aptes à identifier de nouvelles opportunités d’automatisation et d’analyse.
Pour les décideurs, il s’agit davantage d’un défi de leadership que d’un défi technique. Instaurer une culture qui valorise l’apprentissage quotidien réduit la résistance au changement et renforce l’impact de chaque investissement dans l’IA. L’étude de Microsoft de 2023 le confirme, en montrant que la réussite de l’intégration de l’IA dépend autant de la préparation culturelle que des capacités technologiques. En bref, c’est la culture qui détermine si l’IA devient un moteur de valeur ou simplement un outil de plus sous-utilisé.
Négliger la formation continue, c’est prendre le risque de perdre les meilleurs talents
La transformation induite par l’IA redéfinit la façon dont les individus envisagent leur carrière. Les collaborateurs qualifiés aspirent à évoluer. Ils souhaitent rester à la pointe et s’adapter à mesure que les secteurs d’activité évoluent. Lorsqu’une organisation néglige d’investir dans leur développement, elle envoie un mauvais signal : celui selon lequel l’innovation prime sur les personnes. Le résultat est prévisible : les talents motivés partent vers des environnements où l’apprentissage est une priorité.
Pour les dirigeants, il s’agit à la fois d’un enjeu de fidélisation et de performance. La plupart des collaborateurs très performants s’épanouissent dans des environnements où leurs capacités sont constamment mises à l’épreuve et développées. La formation ne sert pas seulement à rester à la page, elle permet également de maintenir l’engagement et la motivation. En faisant de l’apprentissage continu une priorité stratégique, les entreprises montrent à leurs équipes qu’elles se construisent pour l’avenir.
Le rapport 2023 de Randstad Digital souligne que les salariés, en particulier dans le secteur des services informatiques, sont sensibles à la manière dont leur entreprise soutient le développement de leurs compétences. Ceux qui se sentent laissés pour compte sont plus enclins à se désengager ou à changer d’emploi. Sur un marché où l’agilité et l’innovation sont les moteurs de la compétitivité, ne pas proposer de formation continue ne se traduit pas seulement par une perte de productivité, mais aussi par la perte de la ressource la plus précieuse pour les dirigeants : des collaborateurs résilients et tournés vers l’avenir.
Le perfectionnement professionnel est désormais un élément essentiel de l’infrastructure de l’entreprise, et non plus un simple avantage facultatif proposé par les ressources humaines
Pendant des années, la formation des collaborateurs a été considérée comme une activité secondaire, utile mais non indispensable. Cette approche n’est plus valable aujourd’hui. L’intelligence artificielle a modifié le rythme et la nature du travail, faisant du développement des compétences un élément fondamental de la stabilité opérationnelle. Sans apprentissage continu, même les systèmes les plus avancés perdent de leur valeur au fil du temps, car les équipes ne parviennent pas à suivre le rythme effréné de l’évolution des outils.
Les dirigeants devraient désormais considérer le perfectionnement professionnel comme un investissement direct dans la résilience de l’entreprise. L’intégration de la formation au cœur des systèmes garantit que chaque mise à jour, chaque processus et chaque projet bénéficie de collaborateurs bien informés et compétents. L’intégration de l’apprentissage dans les opérations courantes permet aux organisations de rester efficaces et adaptables face aux évolutions technologiques. Il ne s’agit pas de proposer des formations ponctuelles. Il s’agit de créer une structure dans laquelle l’apprentissage est intégré au travail lui-même.
M. Morris, cité dans le rapport Randstad Digital, a clairement insisté sur ce point : « Le perfectionnement des compétences ne peut plus être considéré comme un simple programme RH ou un avantage lié au développement professionnel. Il s’agit d’une infrastructure essentielle à l’entreprise, qui fait partie intégrante de votre pile technologique et ne s’en détache pas. » Pour les dirigeants, cela signifie accorder au développement des compétences la même urgence et les mêmes ressources qu’à la maintenance des systèmes ou à la cybersécurité. Le développement de cette capacité garantit que l’organisation peut maintenir ses performances et son innovation à long terme sans dépendre d’une expertise externe.
À l’avenir, la valeur d’une organisation sera déterminée par l’agilité des compétences plutôt que par la seule taille de ses effectifs
La transition mondiale vers ce que beaucoup appellent « l’économie des compétences » modifie la manière dont les entreprises sont évaluées. La taille importe moins que la rapidité : la rapidité à apprendre, à mettre en œuvre et à s’adapter. Les organisations les plus performantes sont celles qui ont la capacité de renouveler leurs compétences en permanence et à grande échelle. Un effectif important doté de compétences obsolètes a moins de valeur qu’un effectif plus restreint et agile, en phase avec les outils et les processus de travail modernes.
Pour les dirigeants, la priorité stratégique n’est plus l’expansion, mais la capacité d’adaptation. La capacité à transformer rapidement les compétences internes constitue désormais un meilleur indicateur de compétitivité que les indicateurs traditionnels tels que les effectifs ou la croissance du chiffre d’affaires. Le développement d’un personnel capable d’assimiler et de mettre en pratique rapidement de nouvelles connaissances crée un avantage concurrentiel à long terme. Il offre aux dirigeants une plus grande flexibilité pour s’adapter aux évolutions technologiques et aux nouvelles exigences du marché.
Le rapport Randstad Digital rend compte de cette évolution des normes : les organisations seront de plus en plus évaluées en fonction de leur capacité à développer, déployer et renouveler rapidement leurs compétences essentielles. Cela marque un changement structurel dans ce qui définit la réussite d’une entreprise. Pour les dirigeants, le message est clair : la croissance à l’ère de l’IA dépend de la rapidité avec laquelle les collaborateurs sont capables d’apprendre et de mettre en pratique les nouvelles évolutions. L’agilité des compétences est le critère ultime permettant de mesurer la préparation d’une organisation face à l’avenir.
Faits marquants
- Les investissements dans l’IA dépassent les capacités du personnel : la croissance rapide des dépenses en matière d’IA prend le pas sur la préparation des employés, ce qui limite le retour sur investissement. Les dirigeants doivent aligner leurs investissements sur le développement continu des compétences afin d’éviter les inefficacités et les pertes de productivité.
- La formation doit être adaptative et intégrée : les programmes de formation statiques ne peuvent pas suivre le rythme de l’IA. Les dirigeants devraient intégrer directement dans les flux de travail quotidiens un apprentissage en temps réel et adapté à chaque fonction, afin d’améliorer l’adoption et les performances.
- La culture est le moteur du succès de l’IA : l’adoption des technologies dépend autant de la maturité culturelle que des capacités techniques. Les dirigeants doivent instaurer des cultures axées sur l’apprentissage qui encouragent l’expérimentation et la capacité d’adaptation.
- Négliger la formation continue revient à perdre des talents : les collaborateurs qualifiés quitteront les entreprises qui n’investissent pas dans leur développement. Les décideurs doivent donner la priorité à la formation continue afin de fidéliser des talents motivés et prêts à relever les défis de l’avenir.
- Le perfectionnement professionnel fait partie intégrante de l’infrastructure de l’entreprise : l’apprentissage revêt désormais une importance aussi cruciale que les systèmes technologiques de base. Les dirigeants doivent considérer le perfectionnement professionnel comme un élément essentiel de l’infrastructure de l’entreprise, qui soutient l’innovation et la solidité opérationnelle.
- L’agilité des compétences détermine la valeur future : les entreprises les plus performantes seront jugées à l’aune de leur capacité à apprendre et à s’adapter rapidement. Les dirigeants doivent s’attacher à constituer des équipes agiles, capables de renouveler à grande échelle les compétences essentielles.
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