Inquiétude croissante à l’égard des licenciements et perte de confiance des travailleurs
L’industrie technologique traverse une phase difficile, et les chiffres ne mentent pas. Plus de 600 000 employés du secteur ont été licenciés dans le monde depuis 2022. Conséquence ? La confiance de la main-d’œuvre en a pris un coup. Une enquête récente de Clarify Capital a révélé qu’un travailleur américain sur trois craint d’être licencié en 2025. Pire encore, 10 % d’entre eux pensent qu’ils ne trouveraient pas de nouvel emploi dans les trois mois s’ils étaient licenciés. L’indice de confiance des employés de Glassdoor a atteint son niveau le plus bas en février 2024. Ce n’est pas une coïncidence, les gens voient ce qui se passe et sont inquiets.
Les professionnels de la technologie craignent le chômage parce qu’ils se sentent inutiles. Les discussions sur les forums et les messages en ligne révèlent une frustration croissante : le perfectionnement constant, la recherche de nouvelles technologies et la gestion des ralentissements économiques sont épuisants. Les PDG qui réduisent les efforts en matière de diversité et d’inclusion, puis qui poussent à l’automatisation pour remplacer les codeurs, n’arrangent certainement pas les choses. Il n’est pas surprenant que le doute se soit insinué même chez les ingénieurs les plus talentueux.
La peur entraîne une diminution de l’innovation, une baisse du moral et une fuite des talents. Si vos meilleurs éléments n’ont pas confiance dans leur avenir au sein de votre entreprise, ils ne resteront pas pour le construire. Les entreprises qui prendront les devants, en apportant de la clarté, des opportunités de croissance et une vision en laquelle les employés peuvent croire, seront celles qui domineront à long terme.
Conditions économiques générales contribuant à l’insécurité de l’emploi
Le secteur des technologies n’est pas isolé dans ses difficultés. C’est la situation dans son ensemble qui compte. Le taux de chômage mondial n’a jamais été aussi bas (5 %), mais les taux d’embauche à la fin de l’année 2024 étaient au même niveau qu’au début des années 2010, au plus fort de la grande récession. Cela signifie que les gens ont un emploi, mais que les entreprises hésitent à augmenter leurs effectifs. L’Organisation internationale du travail a prévenu qu’un ralentissement économique mondial limiterait la création d’emplois dans un avenir prévisible. Par ailleurs, les inquiétudes concernant l’instabilité du marché boursier américain et la possibilité d’une récession rendent les entreprises encore plus prudentes.
La baisse des embauches met les travailleurs mal à l’aise. Selon un rapport du Pew Research Center, un peu plus de la moitié des travailleurs américains affirment qu’ils auraient du mal à trouver l’emploi qu’ils souhaitent s’ils commençaient à chercher aujourd’hui, contre 37 % en 2022. L’enquête de LinkedIn sur la confiance des travailleurs a révélé que les travailleurs américains sont aujourd’hui moins confiants dans les perspectives d’emploi qu’ils ne l’étaient au début de 2020, au plus fort de la pandémie de COVID-19. Lorsque la confiance baisse à ce point, cela affecte la façon dont les employés abordent leur travail. L’incertitude entraîne une aversion pour le risque, ce qui ralentit l’innovation et la dynamique interne.
Pour les cadres, c’est le signe d’un changement majeur. Vous ne pouvez pas compter sur la reprise économique pour rétablir la stabilité de votre main-d’œuvre. Les stratégies de recrutement et les plans de fidélisation doivent s’adapter à la réalité d’une création d’emplois lente et de conditions de marché prudentes. Les entreprises qui proposent des parcours de carrière clairs, la mobilité interne et le développement des compétences renforceront leurs effectifs sans avoir besoin d’embaucher massivement à l’extérieur. Anticipez le changement, réduisez l’incertitude et positionnez votre équipe de manière à ce qu’elle puisse aller de l’avant, quelles que soient les conditions du marché.
Les conséquences sur la santé mentale des travailleurs et des cadres du secteur technologique
L’anxiété liée aux licenciements a un impact sur la santé mentale dans l’ensemble du secteur. Les travailleurs du secteur technologique signalent des niveaux de stress plus élevés, d’épuisementet d’épuisement émotionnel. Même ceux qui ne sont pas directement confrontés à des licenciements se sentent obligés de se perfectionner en permanence, de rester pertinents et de surpasser leurs pairs. Les récents bouleversements survenus dans les grandes entreprises technologiques n’ont fait qu’aggraver la situation, créant un environnement dans lequel les employés se sentent plus comme des ressources à court terme que comme des atouts à long terme.
Les données confirment ce que beaucoup soupçonnent déjà. Un rapport sur la santé mentale au travail réalisé par la société d’investissement CCLA a classé les grandes entreprises technologiques (Alphabet, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia et Tesla) parmi les pires en matière de soutien au bien-être des employés. Amazon est légèrement mieux classée, mais reste proche du bas de l’échelle. Par ailleurs, l’impact ne se limite pas aux contributeurs individuels. Une enquête menée par 2023 All Points North auprès de 501 leaders américains du secteur technologique a révélé que 38 % des cadres ont ressenti une anxiété ou une dépression accrue à la suite de licenciements. Plus inquiétant encore, 77 % d’entre eux ont déclaré que les licenciements avaient eu un effet négatif direct ou indirect sur leur santé. Lorsque les dirigeants sont en difficulté, c’est toute l’organisation qui le ressent.
Il s’agit d’un problème fondamental pour les entreprises, qui a des conséquences réelles. Lorsque la santé mentale est mise à mal, la productivité et la créativité diminuent. Les employés talentueux se désengagent, prennent des décisions risquées ou quittent complètement l’entreprise. Pour les dirigeants, il est important de reconnaître qu’une main-d’œuvre épuisée n’est pas un facteur de réussite. Les entreprises qui abordent la question de la santé mentale de manière proactive, proposent de véritables structures de soutien et favorisent une culture de la stabilité à long terme seront gagnantes.
L’importance du leadership managérial en période d’incertitude
Un leadership fort est inestimable lorsque l’incertitude devient la norme. En période de volatilité, les employés se tournent vers leurs managers non seulement pour obtenir une direction, mais aussi pour avoir un sentiment de stabilité. Les dirigeants qui parviennent à maintenir la concentration, l’engagement et la confiance de leurs équipes détermineront si leur entreprise reste en tête ou si elle prend du retard.
Pour ce faire, il est essentiel de veiller à ce que les cadres prennent soin d’eux-mêmes. Lorsque les dirigeants sont épuisés, leurs équipes le ressentent. Laura Nguyen, coach de cadres et auteur de Career Break Compass, insiste sur le fait qu’il n’est pas négociable de fixer des limites, de prendre de vraies pauses et de préserver son bien-être personnel. Un dirigeant qui est constamment en mode de survie ne sera pas en mesure d’inspirer confiance ou d’apporter de la clarté à ceux qu’il dirige. Les cadres qui accordent la priorité au bien-être systémique, tant pour eux-mêmes que pour leurs équipes, favoriseront une productivité durable plutôt que des pics de performance à court terme suivis d’un épuisement professionnel.
Les chiffres le confirment. Une enquête sur le lieu de travail menée par meQuilibrium auprès de plus de 6 700 employés a révélé que les travailleurs qui se sentent soutenus par leurs managers sont 63 % plus susceptibles de faire confiance à la direction de l’entreprise. Ils sont également 69 % plus enclins à faire confiance à leurs collègues et plus de deux fois plus enclins à considérer que les conflits au travail sont résolus de manière équitable. Ces facteurs déterminent si une entreprise reste agile en période d’incertitude ou si elle s’effondre sous l’effet de l’instabilité interne.
Stratégies de gestion de l’anxiété liée au licenciement dans les équipes
L’incertitude engendre la peur. La pire chose qu’une équipe dirigeante puisse faire est de rester silencieuse lorsque les employés cherchent des réponses. Les gens n’attendent pas de garanties, mais ils attendent de l’honnêteté. Une communication transparente, partageant à la fois ce qui est connu et ce qui reste incertain, est le moyen le plus efficace de gérer l’anxiété liée aux licenciements. Lorsque les salariés ont l’impression d’être laissés dans l’ignorance, la spéculation prend le dessus et la confiance s’érode.
Sandy Goel, fondateur de Go Well Advisory, insiste sur le fait que les dirigeants doivent être francs quant aux réalités de l’entreprise. Cela implique d’énoncer clairement les priorités, d’expliquer les décisions prises et de donner aux employés le sentiment de contrôler ce sur quoi ils peuvent se concentrer. Même si aucune nouvelle information n’est disponible, le fait de renforcer l’engagement de la direction à tenir tout le monde informé permet d’instaurer la confiance. Kevin Bussema, fondateur et consultant principal de The Collaborative Collective, insiste sur ce point : la communication n’est pas facultative. L’angoisse du licenciement se développe dans le silence, et les dirigeants qui évitent les conversations difficiles ne font qu’aggraver la situation.
Pour les dirigeants, cela met en lumière une réalité fondamentale : la manière dont une entreprise communique pendant les périodes difficiles détermine sa crédibilité à long terme. Les salariés n’oublient pas comment ils ont été traités lorsque l’incertitude était à son comble. Les dirigeants qui sont honnêtes, directs et engagés en sortiront plus forts et, plus important encore, conserveront les talents qui seront à l’origine des succès futurs.
Principaux faits marquants
- L’angoisse du licenciement mine la confiance des travailleurs : La généralisation des suppressions d’emplois et des restructurations d’entreprises a créé un sentiment d’insécurité chez les salariés, réduisant ainsi l’engagement et l’innovation. Pour retenir les meilleurs talents, les dirigeants doivent clarifier la stratégie et offrir des possibilités d’évolution de carrière visibles.
- Le ralentissement des embauches amplifie l’insécurité de l’emploi : Malgré des taux de chômage faibles, les embauches sont au point mort, ce qui fait craindre aux salariés une perte d’emploi avec des possibilités limitées ailleurs. Les dirigeants devraient investir dans la mobilité interne, l’amélioration des compétences et des stratégies claires de maintien de l’emploi pour préserver la stabilité.
- Les problèmes de santé mentale nuisent à la productivité : L’augmentation du stress et de l’épuisement professionnel, tant chez les employés que chez les cadres, affaiblit la prise de décision et les performances à long terme. Les organisations doivent mettre en place de véritables systèmes de soutien à la santé mentale pour maintenir une main-d’œuvre résiliente.
- Un leadership fort est essentiel en période d’incertitude : Les dirigeants qui fixent des limites, maintiennent la transparence et soutiennent leurs équipes favorisent la confiance et l’engagement. Le développement du leadership devrait donner la priorité à une communication structurée et à l’intelligence émotionnelle pour naviguer efficacement dans l’incertitude.
- Une communication claire et cohérente réduit l’anxiété : Le silence engendre l’incertitude, tandis qu’un dialogue ouvert et honnête renforce la confiance, même en cas de décisions difficiles. Les dirigeants doivent mettre en place des pratiques de communication proactives pour s’assurer que les employés se sentent informés et valorisés.
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