Les dépenses de GTM sont largement inefficaces dans de nombreuses organisations

La plupart des entreprises dépensent beaucoup dans les stratégies de go-to-market sans comprendre ce qui génère réellement des résultats. Le rapport GTM Effectiveness Report de Proof Causal.ai et Fiduciari montre que plus de la moitié des budgets GTM des entreprises B2B ne parviennent pas à générer une valeur mesurable. Pour les startups privées et les scaleups, cette inefficacité s’élève à plus de 70%. C’est la preuve d’une incompréhension structurelle du fonctionnement des systèmes de marché.

Les dirigeants tombent souvent dans le piège de croire que plus de budget signifie plus de croissance. Mais le problème n’est pas le montant des dépenses, c’est la logique qui les sous-tend. De nombreux cadres GTM reposent encore sur des hypothèses datant d’une époque antérieure, où l’on pensait que l’exposition et la fréquence se traduisaient directement par des ventes. Les données remettent en cause cette croyance. Les dirigeants doivent dépasser les mesures de vanité et se concentrer sur l’impact causal, sur ce qui modifie réellement le comportement de l’acheteur.

Les dirigeants de la suite devraient considérer cela comme un signal urgent pour auditer leurs programmes de marketing et de vente. La solution n’est pas d’augmenter les dépenses, mais de les répartir plus intelligemment en se fondant sur des preuves de causalité. Les entreprises qui survivront au prochain changement de performance ne seront pas celles qui dépasseront leurs concurrents, mais celles qui comprendront comment chaque composant de leur système GTM affecte réellement le chiffre d’affaires et la confiance des clients.

Les relations publiques et la communication présentent un rapport coût-efficacité exceptionnel par rapport à d’autres fonctions du GTM.

Alors que la plupart des investissements dans le marketing et les ventes ne parviennent pas à produire des résultats mesurables, les relations publiques offrent systématiquement une plus grande efficacité et un impact financier tangible. Le même rapport a révélé que seuls 12 cents environ de chaque dollar investi dans les relations publiques sont inefficaces, un écart de performance qu’aucune autre catégorie de GTM n’atteint actuellement. Les relations publiques réussissent non pas parce qu’elles dépensent plus, mais parce qu’elles sont soumises à une discipline de marché plus stricte.

La communication et les relations publiques permettent de gagner en légitimité, une forme de validation externe que les acheteurs interprètent comme étant crédible et impartiale. Dans un marché saturé de médias payants, de contenus propres et de promotions algorithmiques, la crédibilité est devenue l’ultime facteur de différenciation. Les acheteurs font confiance aux signaux provenant d’une vérification indépendante, et non aux affirmations autoproduites. Cette distinction rend les relations publiques économiquement puissantes à un moment où la plupart des tactiques de marketing perdent de leur efficacité.

Pour les décideurs, la conclusion est claire : les relations publiques ne doivent pas être considérées comme un accessoire de la fonction principale du GTM ; elles en sont le moteur le plus efficace. Il est plus difficile d’augmenter la crédibilité gagnée que les impressions publicitaires, mais cela produit des rendements composés, une plus grande confiance, une vélocité de transaction plus rapide et un positionnement de la marque plus résistant. Quelques communications bien placées et crédibles peuvent surpasser des millions d’euros dans les médias payants si elles suscitent une véritable confiance chez les acheteurs.

La légitimité acquise est essentielle pour renforcer la confiance des acheteurs.

La réalité du marché actuel est simple : chaque acheteur est entouré de bruit. Les publicités, les livres blancs, les événements en ligne et la communication automatisée les bombardent quotidiennement. La plupart de ces signaux sont intéressés, produits par des entreprises qui tentent d’amplifier leurs propres messages. Ce qui tranche avec ce bruit, ce n’est pas un volume plus important, c’est la crédibilité. La légitimité gagnée, créée par les relations publiques et la validation par des tiers, donne aux acheteurs une raison de croire ce que dit une entreprise.

Les acheteurs veulent être sûrs de deux choses : qu’une entreprise peut tenir ses promesses et que son caractère est conforme aux valeurs qu’elle affiche. Les relations publiques apportent cette confiance en générant des preuves externes, une couverture médiatique, des rapports d’analystes ou des approbations, qui confirment la compétence et l’intégrité d’une entreprise. Ce type de validation n’est pas contrôlé par l’entreprise, mais gagné par la performance et la transparence. Elle devient un moteur mesurable de la confiance de l’acheteur et de la rapidité de la transaction.

Les dirigeants devraient commencer à considérer la confiance comme un indicateur commercial tangible. Les entreprises qui investissent systématiquement dans la crédibilité gagnée établissent des relations plus solides, concluent des contrats plus rapidement et subissent moins de pression sur les prix. Les données montrent que la validation gagnée et celle des analystes représentent aujourd’hui près de 89 % des facteurs qui déterminent la confiance des acheteurs B2B. C’est un niveau d’influence que les canaux payants ne peuvent pas reproduire. Sur un marché où l’attention est fragmentée, la crédibilité est la forme la plus stable d’avantage concurrentiel.

Les modèles traditionnels de GTM reposent sur des hypothèses erronées selon lesquelles l’exposition conduit naturellement à des résultats.

Pendant des décennies, les entreprises ont construit leurs moteurs GTM sur une formule simple : plus elles créent de visibilité, plus elles génèrent de revenus. L’hypothèse est qu’une large exposition augmente la notoriété, qui génère ensuite la demande. Mais les données du monde réel racontent une histoire différente. La modélisation causale montre aujourd’hui que la véritable séquence commence plus tôt : la validation engendre la confiance, la confiance engendre l’engagement et l’engagement engendre les recettes. L’exposition seule modifie rarement le comportement de l’acheteur.

C’est là que la plupart des systèmes GTM échouent. Ils mesurent la portée et la fréquence, mais négligent la crédibilité et la confiance. Sans validation méritée, une exposition accrue ne fait souvent qu’amplifier le scepticisme. Les acheteurs sont de plus en plus réfractaires aux récits contrôlés par les marques. Ils réagissent aux signaux crédibles provenant de sources qu’ils considèrent comme indépendantes, même si ces signaux apparaissent moins fréquemment.

Les dirigeants doivent examiner la conception de leur entonnoir et se demander s’il reflète la réalité ou des hypothèses dépassées. Au lieu de chercher à augmenter le nombre d’impressions, ils devraient se concentrer sur la crédibilité gagnée en tant que principal facteur de croissance. Lorsque la validation du marché intervient en premier, le reste de l’entonnoir s’aligne plus naturellement, la vitesse des transactions s’améliore, les taux de conversion augmentent et l’expansion devient plus prévisible. Il ne s’agit pas d’abandonner le marketing traditionnel, mais d’en corriger la logique causale.

La structure disciplinée des relations publiques permet un alignement causal supérieur à celui des médias payés ou détenus.

Les relations publiques fonctionnent de manière plus stricte et plus responsable que les autres fonctions marketing. Contrairement aux médias payés ou possédés, dont les résultats peuvent être influencés par la taille du budget, les résultats des relations publiques dépendent d’une validation externe. Une histoire réussit ou échoue en fonction de son acceptation par le marché et de sa crédibilité indépendante. Cette nature binaire oblige les RP à répondre directement aux réactions authentiques du marché.

Les résultats des relations publiques ne pouvant être fabriqués artificiellement, leur fonctionnement s’aligne naturellement sur la réalité. Soit la presse ou les analystes valident le message, soit ils ne le valident pas. Ce processus améliore la précision et garantit que l’entreprise communique ce que le marché est réellement prêt à croire. Il permet d’éviter les boucles d’auto-renforcement communes aux canaux payés ou détenus, où l’exposition et la visibilité peuvent être faussement assimilées à la confiance.

Pour les dirigeants, cela signifie que l’impact des relations publiques peut être considéré comme un indicateur plus précis du sentiment réel du marché. Il n’est pas soumis à la distorsion de l’amplification payante ou du contrôle interne des messages. Cette discipline renforce la compréhension de la résonance du marché par l’entreprise et fait de chaque message validé un actif de confiance quantifiable. Les dirigeants devraient s’inspirer de la rigueur des relations publiques pour structurer leur stratégie de communication au sens large, en fondant chaque affirmation sur une légitimité vérifiable plutôt que sur des mesures de performance basées sur la corrélation.

Les budgets GTM sont actuellement mal alloués, surfinançant les médias payants au détriment du contenu gagné.

La plupart des modèles de dépenses GTM sont inversés. Il est prouvé que l’influence gagnée, le contenu validé par des tiers crédibles, génère la plus grande partie de la confiance qui alimente la vélocité des transactions et la conversion. Pourtant, les entreprises continuent d’allouer la majorité de leurs budgets aux médias payés et détenus. Les données de Proof Causal.ai et Fiduciari mettent en évidence ce déséquilibre : 60 à 70 % des dépenses sont consacrées au contenu payant et détenu, 20 à 30 % aux outils opérationnels et seulement 5 à 10 % aux médias gagnés.

Ce schéma budgétaire révèle une inertie stratégique. Les médias payants restent attrayants parce qu’ils sont faciles à mesurer et à adapter, même s’ils produisent des résultats décroissants. Les canaux gagnés exigent de la patience et dépendent d’une validation externe, mais leur impact dure plus longtemps et s’amplifie grâce à la confiance. Les données suggèrent fortement que la plupart des entreprises gagneraient en efficacité et en résilience en réorientant leurs investissements GTM vers les relations publiques et la visibilité acquise.

Les dirigeants doivent traiter ce problème comme un problème d’allocation de capital, et non comme une préférence marketing. Si les médias acquis sont à l’origine de près de 90 % de la confiance qui façonne les décisions d’achat, ils méritent d’être prioritaires dans la planification du GTM. La réorientation des ressources vers des canaux fondés sur la validation réduira le gaspillage et augmentera la qualité des conversions. Cela ne signifie pas qu’il faille abandonner les approches « paid » et « owned », mais qu’il faut les utiliser pour amplifier la crédibilité acquise au lieu de s’y substituer.

Les relations publiques doivent être repositionnées comme un levier financier stratégique plutôt que comme un simple outil de réputation.

Les relations publiques sont souvent considérées comme une fonction non contraignante, utile pour faire connaître la marque, mais pas directement liée au chiffre d’affaires. Ce point de vue est dépassé. Lorsqu’elles sont mesurées correctement, les relations publiques influencent directement les résultats financiers clés : accélération de la vitesse des transactions, augmentation de la taille des transactions, réduction des pressions sur les remises et amélioration du flux de trésorerie. Il ne s’agit pas d’avantages intangibles, mais de gains commerciaux mesurables découlant d’une confiance accrue de l’acheteur et d’une réduction des frictions dans le processus d’achat.

Lorsqu’ils communiquent avec les services financiers ou les conseils d’administration, les responsables du marketing et de la communication doivent changer de cadre. Les relations publiques ne sont pas un exercice de visibilité ; c’est un mécanisme d’efficacité du capital. En suscitant la confiance, elles créent des conditions qui accélèrent la reconnaissance des revenus et protègent les marges. Une marque de confiance dépense moins pour acquérir des clients, négocie à partir d’une position plus forte et bénéficie d’approbations internes plus souples au sein des organisations acheteuses.

Les dirigeants devraient intégrer les relations publiques dans leurs modèles de planification financière, au même titre que les leviers de croissance traditionnels. La quantification de leur effet sur la rapidité des transactions, la valeur de la durée de vie des clients et la stabilisation des marges les place dans la même catégorie que d’autres facteurs de performance du fonds de roulement. Les entreprises qui opèrent ce changement ne verront pas seulement l’efficacité de leur marketing augmenter, mais aussi leur profil de revenus plus stable et prévisible. Repositionner les relations publiques comme un instrument financier, et non comme un accessoire de communication, est une démarche stratégique pour toute organisation qui voit les rendements des canaux payants diminuer.

Le sous-investissement dans les relations publiques met en évidence les limites des modèles d’attribution traditionnels

Malgré les preuves constantes de l’efficacité des relations publiques, la plupart des organisations continuent à les sous-financer. La raison réside dans la manière dont l’efficacité est mesurée. Les modèles d’attribution traditionnels s’appuient sur des mesures directes et traçables, comme les clics, les conversions et le nombre de prospects, qui favorisent les médias payants. L’influence des relations publiques intervient souvent plus tôt et indirectement, en améliorant la perception, la confiance et la qualité de l’engagement à plusieurs étapes du parcours de l’acheteur. Ces effets de causalité sont réels mais difficiles à appréhender avec les outils de performance standard.

Les dirigeants devraient considérer qu’il s’agit d’un écart de mesure et non d’un échec de performance. L’impact des relations publiques se traduit par une réduction des frictions dans les ventes, une augmentation de la vitesse des transactions et des taux de réussite plus élevés, des signaux que les logiciels d’attribution négligent souvent. Lorsque l’attribution se concentre uniquement sur les données de réponse directe, elle sous-évalue les canaux qui renforcent la conviction et éliminent les obstacles à l’achat avant que des actions mesurables ne se produisent.

Pour remédier à cette situation, les entreprises doivent élargir leurs cadres d’attribution pour y inclure une analyse causale et qualitative. Cela signifie qu’il faut quantifier les signaux de confiance, la portée de la couverture gagnée et l’influence des analystes en plus des mesures transactionnelles. Les organisations qui adaptent leurs méthodes de mesure pour inclure ces facteurs prendront de meilleures décisions d’attribution et réduiront le biais qui favorise actuellement les canaux à court terme et traçables au détriment des canaux à long terme et fondés sur la crédibilité. Pour les équipes dirigeantes, c’est l’occasion de faire évoluer la gouvernance des performances pour qu’elle corresponde à la façon dont les vrais acheteurs pensent, décident et s’engagent.

La confiance gagnée représente l’atout le plus précieux dans les stratégies modernes de GTM.

Dans l’environnement commercial actuel, la visibilité artificielle est devenue abondante alors que l’authenticité est devenue rare. Les entreprises peuvent acheter l’attention, mais elles ne peuvent pas acheter la confiance. Les données de Proof Causal.ai et Fiduciari le montrent clairement : les médias gagnés, la validation provenant de sources crédibles et tierces, continuent de surpasser tous les autres canaux GTM en termes de résultats commerciaux mesurables. Sa force réside dans sa capacité à inspirer confiance aux acheteurs qui remettent de plus en plus en question les affirmations marketing traditionnelles.

La confiance gagnée est désormais le fondement d’un engagement réussi sur le marché. Les acheteurs dépendent d’évaluations indépendantes et de la validation d’analystes pour prendre des décisions dans un contexte de surcharge d’informations. Lorsqu’une entreprise gagne cette confiance, tous les autres éléments de son système de commercialisation sont plus performants : les taux de conversion augmentent, les cycles de négociation se raccourcissent et les pressions exercées par les remises diminuent. Ces améliorations ne sont pas seulement des avantages marketing ; ce sont des gains de revenus structurels qui renforcent l’ensemble du modèle d’entreprise.

Les dirigeants doivent commencer à considérer la confiance comme un actif stratégique quantifiable. Il ne s’agit pas d’un facteur abstrait de réputation, mais d’un facteur qui affecte directement l’accès au marché et le pouvoir de fixation des prix. Les décideurs qui accordent la priorité à la crédibilité acquise constateront que leurs relations avec les clients deviennent plus stables et que leur croissance commerciale est plus prévisible. La prochaine phase de l’avantage concurrentiel ne viendra pas de promotions plus bruyantes ou de budgets plus importants ; elle viendra de la profondeur et de la cohérence de la confiance que le marché accorde à la parole et aux actions d’une entreprise.

En conclusion

Pour la plupart des organisations, la question du GTM n’est pas de savoir comment dépenser plus, mais comment dépenser bien. Les données indiquent une conclusion claire : c’est la confiance, et non la promotion, qui détermine la croissance. Les dirigeants qui construisent leurs modèles GTM sur la légitimité gagnée plutôt que sur le volume payé fonctionneront avec une plus grande efficacité et une meilleure acceptation du marché.

Ce changement exige une discipline financière et une volonté de remettre en question les mesures habituelles. Il s’agit d’évaluer le succès en fonction de l’impact causal et non de la visibilité. La force des relations publiques ne réside pas dans la visibilité, mais dans la validation. Lorsque cette validation devient le fondement de la communication et de la vente d’une entreprise, tous les secteurs de l’entreprise sont plus performants.

Pour les dirigeants, la prochaine étape est simple mais stratégique : rééquilibrer les investissements GTM vers des canaux qui reflètent une crédibilité authentique et une confiance mesurable. Ceux qui procèdent à cet ajustement dès maintenant bénéficieront d’un avantage durable sur un marché où l’attention est bon marché, mais où la confiance est rare.

Alexander Procter

mars 10, 2026

15 Min